Tom Cruise endosse pour la troisième fois la panoplie de l’agent secret Ethan Hunt sous les ordres du réalisateur J.J. Abrams dont c’est le premier long-métrage. Mission réussie ?
Ethan Hunt a quitté le service actif de la Force Mission Impossible. Il forme désormais de jeunes recrues à intégrer ce corps d’élite de la CIA. Il commence enfin à connaître les joies d’une vie rangée auprès de la ravissante Julia, qui ignore tout de ses activités passées. Mais le bonheur est de courte durée, puisque l’IMF lui demande de libérer Lindsey, l’une de ses élèves les plus prometteuses, capturée alors qu’elle tentait d’infiltrer les services d’Owen Davian, un dangereux trafiquant d’armes. Se sentant responsable de ce qu’il arrive à son ancienne protégée, Ethan Hunt monte sur pied une opération qui se soldera par un échec cuisant. Face à cette déroute, Hunt va être obligé d’opérer seul avec son équipe pour arrêter Davian, sauver sa femme et par la même occasion empêcher une énième fois qu’un fléau s’abatte sur la planète.
Tel est le point de départ de ce troisième opus qui marque un tournant dans l’approche du personnage d’Ethan Hunt. En effet, le super agent sans failles aperçu dans les précédents volets laisse cette fois-ci place à un homme tiraillé entre son désir de mener une existence normale et son sens du devoir. C’est d’ailleurs ici que se trouve la force du film, dans l’humanité des personnages. Malgré la présence d’une histoire d’amour mal exploitée et une fin trop prévisible, Mission : Impossible III repose sur le scénario le plus intéressant de la trilogie qui allie la complexité de l’intrigue du premier opus et les scènes d’action explosives du deuxième film. Après avoir confié les deux films de la saga Mission Impossible à deux réalisateurs chevronnés aux styles très affirmés (Brian de Palma et ses mouvements de caméra connus pour être des modèles de précision, ainsi que John Woo et sa célèbre science du montage), Tom Cruise, producteur du long-métrage, a choisi le débutant J.J. Abrams qui a acquis ses lettres de noblesse sur le petit écran.Preuve que la frontière entre le cinéma et la télévision américaine a quasiment disparu, Abrams a amplement rempli sa mission en imposant son propre style à travers le film.
Soutenu par une mise en scène dynamique plongeant le spectateur au cœur de l’action, Mission : Impossible III ne laisse aucun répit à ce dernier, tout comme envers Tom Cruise qui se démène sans compter, encaissant un nombre incalculable de coups et semblant au bord de la rupture durant tout le film. Débutant avec un rythme plutôt conventionnel, le métrage s’emballe rapidement et laisse place à une succession de scènes d’actions toutes plus impressionnantes les unes que les autres, en particulier celle de l’attaque du convoi par un avion de chasse, qui vous laissera littéralement scotché devant l’écran. Abrams a parfaitement su retranscrire sur grand écran tout le talent et le sens du spectacle dont il a su faire preuve dans Alias et Lost, les disparus. Laurence Fishburne et Ving Rhames étant relégués aux rôles de faire valoir, tout le film reposait sur l’interprétation de Tom Cruise. Et celui-ci se montre beaucoup plus à l’aise dès qu’il s’agit d’effectuer de dangereuses cascades que d’émouvoir dans des scènes plus intimistes. Reste Phillip Seymour Hoffman qui endosse à merveille le rôle du bad guy de service en arrivant à le rendre parfaitement détestable aux yeux du public.
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