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Critique : Transamerica |
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Felicity Huffman s’écarte de son rôle de femme débordée dans Desperate Housewives pour changer de sexe dans Transamerica, premier film de Duncan Tucker.
Pour son premier film, Duncan Tucker scénarise et réalise un road movie intimiste à travers les Etats-Unis et s’offre les services de Felicity Huffman, récemment remarquée dans le rôle de Lynette Scavo dans Desperate Housewives. Elle est métamorphosée en Bree, un transsexuel sur le point d’achever la série d’opérations qui fera de lui un elle. Alors qu’elle vient d’obtenir les signatures des psychologues pour permettre l’opération, elle reçoit un coup de fil. Un jeune prostitué new-yorkais de 16 ans cherchant quelqu’un pour payer sa caution prétend être son fils, engendré lors de son seul rapport sexuel avec une femme. Après quelques hésitations, elle décide d’aller le chercher et le ramène en voiture jusqu’en Californie. Duncan Tucker se saisit de son synopsis pour faire un road movie à la fois sur la transsexualité et son inscription sociale aux Etats-Unis ainsi que sur le thème de la découverte de la paternité, déjà traité récemment dans Broken flowers et Don't Come Knocking. On sent alors venir le mélodrame larmoyant et académique servant de véhicule à Felicity Huffman. Toutefois, le scénariste décide d’adopter un angle différent. Plus qu’un témoignage sur la transsexualité, le personnage de Bree sert un récit intimiste et drôle sur la relation entre un parent et un enfant qui se découvrent.
La relation naissante entre deux êtres à la quête de leur identité tient grâce à l’interprétation tout en subtilité de Felicity Huffman et Kevin Zegers. La première est méconnaissable, grimée en homme devenant femme, ce qui lui a valu une nomination aux Oscars. L’actrice a aussi changé sa voix, en lui donnant une tonalité plus grave. L’acteur de 22 ans, mais au CV déjà bien fourni, Kevin Zegers, joue un jeune éphèbe de 16 ans, Toby, troublant prostitué. Au fil des situations comiques et des rencontres dans l’Amérique profonde, le film présente le regard porté vers les transsexuels et essaie de montrer la réalité de leur vie : difficulté à avouer leur situation, prise d’hormones assez contraignantes... Une alchimie étrange se tisse au fur et à mesure entre le spectateur, Bree et Toby. La réalisation est assez classique, ayant assez souvent recours à la traditionnelle caméra à l’épaule pour décrire un récit qui se veut réaliste. La bonne surprise vient de la musique, nominée aux Oscars, et surtout de la photographie, qui rappelle par moments celle de The Constant Gardener avec ses couleurs saturées rendant de magnifiques bleus au beau milieu du désert.
Si la partie comédie intimiste est vraiment réussie, Duncan Tucker passe un peu à côté de l’œuvre troublante et poétique qu’il semblait vouloir mettre en place. Malgré quelques beaux plans, la réalisation ne prend son envol à aucun moment pour sublimer son récit. Le rôle de Toby rappelle à de nombreux moments Mysterious Skin de Gregg Araki mais le réalisateur n’ose jamais saisir la force dérangeante de cet exemple et préfère laisser de côté l’ambiguïté sexuelle de son jeune éphèbe.
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Publié
le 01/05/2006 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Une comédie intimiste et intelligente sous forme de road movie. Un voyage à la découverte de sa propre identité. |
7/10
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