Le futur est bien sombre pour la ville de Londres. La capitale de la grande île est tombée dans les mains du tyran Sutler. Mais, comme dans tout bon film qui se respecte, un merveilleux héros viendra à la rescousse de la populace et, sous son masque énigmatique, il soulèvera la révolution qui rendra au peuple la liberté.
Les adaptations comics sont devenues une valeur (presque) sûre : les grosses productions ne lésinent plus pour concocter des films tels que Superman Returns, X-Men 3 : L'affrontement final, Spider-Man 3… Mais de temps à autre, il y a aussi des comics légèrement moins populaires qui sortent leurs petites têtes du territoire américain : Sin City, Daredevil, ou encore Hellboy. V pour Vendetta appartient à cette caste là qui, pour se faire une place en France, insiste plus sur le casting et sur le réalisateur que sur le propos même. Mais attention ! Les apparences sont trompeuses, et même si la campagne publicitaire nous bassine à force de « créateurs de la trilogie Matrix », on oublie presque que le vrai réalisateur n’est « que » le premier assistant de ladite trilogie : James McTeigue. Les deux frangins ne portent ici que les rôles de scénaristes et producteurs. Bien suffisant pour porter le film à des sommets ? Pas tant que ça.
Car l’histoire, qui se veut d’illustrer une sorte de 14 juillet 1789, manque cruellement de violence. Les révolutions ne se font pas avec des manifestations silencieuses. Ici, on ne choque qu’un minimum, par peur que le film soit au final interdit au jeune public. Au final, l’ensemble est très édulcoré, emballé d’un joli papier cadeau, où les valeurs comme le courage sont sublimées à l’infini. Les décors sont plats et l’univers est fade, alors qu’ils auraient dû être sombres et oppressants. Les personnages sont caricaturés et le héros, doté d’une perruque et d’un masque au sourire débile, est totalement ridicule dans ses gestes de la vie quotidienne. Quand va-t-il enfin dévêtir ce costume et nous dévoiler sa vraie nature ? On arrive à un point où l’on devient tellement obsédé par l’idée de voir qui se cache derrière que l’on en oublie complètement le récit.
On peut malgré tout admirer la retenue du réalisateur, qui a su éviter de nous plonger dans une succession de scènes d’action gratuites, et qui a tout de même tenté de faire tenir son propos original. Mais le côté doré des films hollywoodiens revient toujours trop vite à la charge.
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