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Critique : Inside Man - l'homme de l'intérieur |
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Quoi de neuf à New York ? Spike Lee se ressuscite à travers un thriller follement excitant. Son nom ? Inside Man - L'homme de l'intérieur.
On avait quitté Spike Lee sur une note mitigée, encore foudroyés de la beauté crépusculaire de sa magnifique 25° heure, mais déconcertés par la flagrante médiocrité de She hate me. Mais pas d’ambiguïté sur cet Inside Man - L'homme de l'intérieur : le cru 2006 du cinéaste binoclard sera une bonne année, voire un millésime d’excellence.
Dès la scène d’ouverture, incroyable d’efficacité dans sa simplicité, on respire : Spike Lee fait toujours partie des grands de sa génération. Appuyé sur un scénario malin et très efficace malgré son sujet on ne peut plus classique (un casse parfait), Inside Man - L'homme de l'intérieur parvient constamment à conserver un rythme très soutenu qui ne s’essouffle jamais. Ce qui est la preuve d’un savoir-faire indiscutable, car seul un cinéaste de haut niveau peut parvenir à conserver une tension pareille sur un film qui dure tout de même plus de deux heures. Pour ce faire, Spike Lee s’appuie sur sa mise en scène nerveuse qui a tant fait ses preuves par le passé, et n’hésite pas à reproduire ses marques de fabrique les plus reconnaissables (travelling arrière sur un personnage de face, entre autres). Le montage frénétique mais irréprochable magnifie des plans d’une précision incroyable. L’imagerie grisâtre et nerveuse de Nola Darling n'en fait qu'à sa tête est bien loin, Spike Lee est désormais arrivé à la pleine maîtrise de son art. Il utilise sa caméra tout comme s’il s’agissait de l’un de ses membres. Résultat : une tension palpable tout au long du film.
Le cinéaste est au demeurant aidé en cela par la force de ses comédiens. Le trio principal d’interprètes donne une fois encore une pleine démonstration de son talent. Denzel Washington fait encore une fois preuve d’une aisance déconcertante, Jodie Foster dans un rôle inattendu se montre jouissivement haïssable, et Clive Owen dégage un charisme animal prodigieux, même s’il traverse la moitié du film avec le visage masqué. Ils s’approprient parfaitement le texte ciselé et toujours aussi mordant du cinéaste qui n’a rien perdu de sa rage revendicatrice. Et c’est là que resurgit ce que l’on a ré-appris l’an dernier avec des œuvres telles que A History of Violence et Aviator. A la manière des poètes classiques qui devaient faire preuve de génie afin de transcender l’étroit carcan des règles du sonnet, le génie d’un cinéaste se reconnaît dans sa capacité à détourner les figures imposées du film de commande. Ainsi, Spike Lee trouve malgré tout le moyen de livrer une œuvre profondément personnelle et indéniablement imprégnée des thèmes chers à son cœur. La dénonciation des stigmatisations socio-raciales aura rarement été dénoncée avec autant de subtilité, bien loin des charges incendiaires et provocatrices des films de jeunesse du New-Yorkais. Elle l’est d’autant plus qu’elle s’applique cette fois à la quasi-totalité des communautés de New York, ville cosmopolite par excellence, que le réalisateur filme avec un amour toujours aussi perceptible.
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Publié
le 13/04/2006 par Sabine Garcia
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| Verdict |
Inside Man est un film brillant à plus d’un titre, qui en plus de s’imposer comme un thriller réussi se permet d’être une œuvre intelligente et délicieusement cynique. Du beau travail. |
8/10
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