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Critique : El Aura |
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Changement de cap pour Fabian Bielinsky qui, après un polar nerveux, signe un thriller psychologique très posé. Un peu trop peut-être.
Après le petit miracle qu’était Les neuf reines, acclamé aux quatre coins du monde, Fabian Bielinsky était attendu au tournant pour le difficile passage au second film. Un remake américain plus tard, le honteux Criminal de Gregory Jacobs, le réalisateur argentin rend donc sa seconde copie avec El Aura.
Mais cette fois-ci, le miracle ne se renouvelle pas. Encore tout auréolé de sa gloire, Fabian Bielinsky semble s’être tranquillement reposé sur ses acquis. Alors oui, la mise en scène est toujours aussi excellente, les cadres sont superbes et très travaillés, la photo signée Chico Varese (dont c’est le premier film) est ultra-léchée, pas de doutes : le cinéaste n’a pas perdu sa maîtrise technique. Ainsi, les deux premières scènes d’ouverture constituent de véritables bijoux de noirceur à elles seules. Cependant, et malgré cette introduction qui pourrait rendre malade de jalousie la plupart des cinéastes actuels, El Aura tourne manifestement à vide. Non pas par la faute d’un scénario mal écrit, mais plutôt par la faute d’une mauvaise exploitation flagrante. Perdu au milieu du cadre, le pourtant très doué Ricardo Carin paraît perdu et littéralement désincarné dans cette intrigue pourtant si bien pensée, mettant en vedette un simple quidam propulsé au cœur d’un braquage audacieux par un tragique concours de circonstances. A vrai dire, Fabian Bielinsky semble avoir oublié son script en route et paraît se contenter de laisser tourner la caméra en ne se préoccupant que de faire de jolies images.
Manquant de chair et de rythme, noyée dans des plans-séquences sans fin, la narration finit par désintéresser le spectateur qui aura finalement beaucoup de mal à conserver son attention pour les nombreux protagonistes qui s’agitent à l’écran durant les 2 heures 12 que comptent le film. El Aura est indiscutablement beaucoup trop long ! L’intrigue s’étire sans fin, et une galerie de beaux personnages interprétés avec brio par un casting sans faute (outre Ricardo Carin, on apprécie Dolores Fonzi et le tout jeune Nahuel Perez Biscayart) ne suffit pas à faire d’El Aura un spectacle sinon palpitant, du moins intéressant. Dommage, car le film fait preuve d’une grande beauté graphique et d’une qualité d’écriture non négligeable.
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Publié
le 03/04/2006 par Sabine Garcia
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| Verdict |
Rendez-vous manqué pour Fabian Bielinsky avec ce thriller ennuyeux. On retient cependant une fois de plus le talent de Ricardo Carin et d’un grand nombre d’acteurs secondaires, ainsi que la réussite formelle indéniable de l’œuvre dans son ensemble. On ne perd donc pas espoir de revoir Bielinsky revenir à des œuvres plus maîtrisées. |
5/10
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