|
Critique : Burt Munro |
 |
|
Anthony Hopkins interprète Burt Munro, néo-zélandais qui, une fois dépassé l’âge de raison, décide de battre le record de vitesse avec une moto datant de 40 ans.
Roger Donaldson tente un film d’auteur sincère ! Si l’on rappelle le passé de ce réalisateur technicien sans génie, responsable de La recrue, du Pic de Dante ou encore de Cocktail avec Tom Cruise, cela peut paraître étonnant. Pourtant, l’histoire de ce film remonte à 1971 quand le cinéaste néo-zélandais rencontre Burt Munro pour faire un documentaire. 35 ans et quelques films de commande après, Donaldson arrive à faire un biopic sur cette légende dans son pays. Dans les années 60, Burt Munro est un vieillard, un peu marginal, passant le plus clair de son temps à travailler sur une moto des années 20. Si tout le monde le prend pour un allumé à la limite de la sénilité, il attire toutefois la sympathie. Après une angine de poitrine, il décide de réaliser son rêve : partir pour le lac salé de Bonneville aux Etats-Unis pour battre le record de vitesse avec sa vieille bécane. Commence alors un long voyage de la Nouvelle-Zélande jusqu‘à l’Utah. La découverte des villes ne donne pas lieu à une étude sociale des années 60 aux Etats-Unis, thème à peine esquissé. Roger Donaldson, seul au scénario pour la première fois de sa carrière (son seul précédent scénario date de 1981 et était écrit à trois), décide d’axer son récit sur une description intemporelle de la vieillesse. Avec ce personnage déterminé à vivre au maximum avant de mourir, on découvre l’énergie qui peut habiter certaines personnes âgées. Burt Munro, c’est un peu le grand-père rêvé de tous les enfants. Assez déjanté et caustique, il n’a aucun tabou, qu’il s’agisse de sa sexualité, très active d’ailleurs, ou de sa prostate.
Ce road movie tient à 100% sur les épaules de ce personnage, présent dans toutes les scènes sans exception. Avec Anthony Hopkins, Roger Donaldson a fait le bon choix. L’acteur est à son avantage comme rarement. Il colle au personnage à la perfection, avec ce cabotinage qui montre toute la personnalité de Burt Munro, sans complexe, pas dénué d’humour et assurément déterminé. Voir un acteur arrivé à se réapproprier son corps vieillissant pour nous livrer autre chose est toujours un plaisir que rempli pleinement Hopkins ici. Point de vue réalisation, on ne trouvera aucune folie. Le film adopte le rythme du voyage, sans le dynamiser ou le ralentir, et s’applique à suivre son personnage principal. Aucun gros défaut ne montre le bout de son nez. Le plus gros reproche que l’on pourra faire est que le sous-titre aurait pu être « Burt au pays des Bisounours » tant il lui est facile de s’attirer la sympathie et l’aide de ses interlocuteurs. Il serait toutefois hypocrite de dire cela car il faut bien l’avouer, Anthony Hopkins nous séduit nous aussi. Il nous touche et l’on se prend au jeu de souhaiter que Burt réalise son improbable rêve.
|
| |
|
Publié
le 28/03/2006 par Yannick Gallepie
|
| Verdict |
Sans chercher à paraître plus grand qu’il ne l’est, Burt Munro est un road movie simple et plein de charme, soutenu par un grand Anthony Hopkins. |
7/10
|
|
|
|