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Critique : Romanzo criminale |
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Romanzo criminale offre une plongée brutale au cœur des Années de Plomb. Un coup de poing signé Michele Placido.
Si depuis quelques années, la santé du cinéma transalpin donnait lieu de s’inquiéter, perdu entre comédies populaires stupides, films auteurisants autistes et imbuvables, et dinosaures en fin de vie (R.I.P. Dario Argento), force est de constater que désormais une nouvelle génération de cinéastes s’affirme. Outre l’incontournable Nanni Moretti, toujours plus politiquement enragé, l’électron libre Sabina Guzzanti et le romanesque Marco Tullio Giordana, il faudra à présent compter sur Michele Placido. Plus connu en Italie pour sa carrière d’acteur, le fringuant sexagénaire signe avec Romanzo criminale son huitième film en tant que réalisateur.
Entouré par deux des meilleurs scénaristes italiens actuels, Stefano Rulli et Sandro Petraglia, qui avaient déjà travaillé sur des perles telles que Nos meilleures années, Michele Placido a tiré de l’œuvre volumineuse de l’écrivain Giancarlo De Cataldo (également impliqué dans le projet) un script en béton armé. Ancré dans la sombre période des Années de Plomb, le film suit l’histoire vraie, quoique romancée, d’une bande de criminels devenus maîtres de Rome avec l’aide de la maffia. Ils furent rapidement contactés par des agents de l’Etat qui leur assurèrent une impunité quasi-totale pendant des années en échange de quelques sales besognes : attentats, assassinats politiques, rapts, etc.… Une histoire forte, qui fait résonner de douloureux souvenirs aujourd’hui encore dans les mentalités italiennes. Michele Placido parvient en effet à lier avec génie les petites et les grandes histoires. C’est ainsi que sont évoqués tour à tour l’enlèvement puis l’assassinat du dirigeant catholique Aldo Moro, ou encore le terrible attentat de Bologne, qui avait causé la mort de près de 85 personnes et fait des centaines de blessés.
Brutal, Romanzo criminale l’est, sans aucun doute. La violence et la cruauté ne sont jamais épargnées au spectateur, mais Michele Placido ne tombe jamais dans le piège du voyeurisme gratuit. Sa mise en scène, implacable et puissante, fait de cette perle noire un œuvre corrosive qui illustre avec une rage noble cette époque chaotique d’une manière complètement inédite, à la fois classique au sens noble du terme et puissamment moderne. Plans ciselés, cadrages impeccables, photo léchée, raccords parfaits et j’en passe : Romanzo criminale est un modèle de réalisation nerveuse et posée à la fois. Un atout indispensable à la compréhension d’un scénario labyrinthique où se croisent une bonne douzaine de personnages principaux. Malgré cette abondance de protagonistes, la trame narrative reste constamment claire et limpide. Un véritable tour de force.
Le cinéaste est également secondé par une distribution entièrement magistrale. Transcendé, transporté, le casting semble être en état de grâce. Si l’on connaissait l’immense talent de Stefano Accorsi depuis un moment, on découvre avec bonheur un Kim Rossi Stuart bouleversant, un Pierfrancesco Favino impérial, ou encore une Anna Mouglalis toujours plus crédible dans un rôle femme fatale qu’elle connaît par cœur. Leurs prestations achèvent de porter au plus haut une œuvre brutale, magistrale, absolument immanquable : le choc de ce début d’année !
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Publié
le 22/03/2006 par Sabine Garcia
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| Verdict |
Cruel, puissant, sombre, Romanzo criminale est un pur diamant noir. Un film qui redonne foi en le cinéma italien… et en le cinéma en général ! |
9/10
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