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Critique : Essaye-moi |
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Après Maurice Barthélémy, c’est au tour de Pierre-François Martin Laval de passer à la réalisation avec Essaye-moi, une romance remplie d’humour.
P.E.F., c’est sous ses trois lettres issues de ses prénoms que se cachait Pierre-François Martin Laval à l’époque des Robins des bois. Avec son air d’enfant paumé, il se camouflait aussi souvent sous le casque de Pouf le (pseudo) cascadeur, décidé à dédier son spectacle raté à sa belle. Aujourd’hui, le bonhomme se met en avant et réalise son premier film. Pour cela, il s’aide pour le scénario d’Isabelle Nanty, actrice habituée comme lui à mettre en scène des spectacles, ainsi que de Jean-Paul Bathany et Frédéric Proust, deux scénaristes aux CV vierges. L’histoire est typique de l’univers qu’il nous laissait entrevoir auparavant. Pierre-François Martin Laval interprète Yves-Marie (un traumatisme avec les noms composés ?). A 9 ans, il a fait promettre à Jacqueline qu’ils se marieraient s’il allait dans l’espace. Quelques années et un petit tour hors de l’atmosphère plus tard, l’astronaute est de retour , bien décidé à obtenir sa récompense, à la surprise de la jeune femme déjà fiancée. Un accord est trouvé : Jacqueline essaiera son prétendant pendant 24 heures. La nature un peu… tête en l’air du jeune homme promet quelques soucis pour Jacqueline. Le scénario tourne donc autour du personnage lunaire de P.E.F. et celui plus terre-à-terre de Julie Depardieu, autour desquels gravite une pléiade de seconds rôles tous aussi réussis. Le charme du réalisateur/acteur semble agir sur ses petits camarades et il peut s’offrir ainsi un casting impressionnant : Kad Merad, Marina Foïs, Isabelle Nanty, ou encore Pierre Richard.
Ce charme atteint aussi le spectateur. Le personnage d’enfant éternel, lunaire et timide, devient réellement touchant. Sa volonté de bien faire (et son échec presque constant) est le nerf de l’histoire, créant de nombreuses situations franchement comiques. Ce personnage décalé se décline même en duo lors de superbes scènes réunissant P.E.F. et Pierre Richard. Les deux parlent avec le phrasé enfantin de l’ancien Robin des bois, composé principalement de mots pas toujours maîtrisés. Les répliques fusent et font mouche aussi bien de leur côté que chez les autres personnages. Le tout est un concentré de bonne humeur, avec un comique qui ose se lâcher vers le carrément allumé. De cette façon, Pierre-François Martin Laval engrange un capital sympathie énorme. Quand arrive le moment souvent difficile de mêler l’histoire d’amour à la comédie, aucune difficulté ne se pose. Il continue à affirmer la différence de son personnage pour s’attirer l’affection du spectateur. Ainsi, plus besoin d’enchaîner les scènes lourdes pour montrer le malheur du personnage, puis la possibilité du bonheur et enfin le chemin de croix jusqu’à l’amour. Très intelligemment, il met entre parenthèse la romance pour laisser parler son humour. Ici, chaque personne accrochant à ce personnage ne peut que souhaiter son succès et être émue. Derrière la caméra, P.E.F. ne fait pas de miracles mais arrive de manière appliquée à mettre sa réalisation au service de ses blagues.
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Publié
le 15/03/2006 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Un premier film réussi, drôle et émouvant, soutenu par un casting en béton et par une personnalité à suivre : Pierre-François Martin Laval. |
7/10
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