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Critique : Truman Capote |
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Tout juste auréolé d’un Oscar pour l’interprétation de Philip Seymour Hoffman, Truman Capote, biopic de l’écrivain américain, arrive sur nos écrans.
Truman Capote a de loin tout d’une bête à Oscar. De quoi vite le cataloguer comme faisant partie de la suite de biopics représentés par Ray et Walk the line dernièrement. Toutefois, dès les premiers plans, une atmosphère nous saisit, un silence lourd inhabituel affirme haut et fort la personnalité du film. Basé sur la biographie de l’auteur américain écrite par Gerald Clarke, le scénario de Dan Futterman, acteur pour qui scénarise ici son premier film, adopte un point de vue intéressant. Ne traitant pas particulièrement son ascension dans le monde littéraire ou son homosexualité, il aborde le personnage de Truman Capote par l’angle d’une enquête qui changera sa vie. L’action concentrée sur trois ans nous permet d’en savoir autant que si on avait suivi toute sa vie. En 1959, une famille de quatre personnes est brutalement assassinée au Kansas. Vu de New-York où il est une célébrité mondaine, l’écrivain Truman Capote pense cet évènement comme le sujet parfait pour son nouveau livre. Il décide de faire de véritables investigations sur place pour créer le premier roman-vérité. Le scénario prend les allures d’un film d’enquête pour interroger les rapports entre le meurtrier et l’enquêteur. Les relations entre les deux, basées sur la fascination et la nécessité, représentent le point fort du récit, servi par les interprétations sans faille de Cilfton Collins Jr. et Philip Seymour Hoffman. Ce dernier trouve en Truman Capote un rôle torturé avec un travail de composition révélant l’étendu du talent de cet acteur souvent cantonné aux seconds rôles.
Malgré toutes ses qualités, le scénario n’est qu’une partie de la réussite de Truman Capote. Bennett Miller, pour son premier long-étrage de fiction, s’impose là où James Mangold et son Walk the line pêchait, au niveau de l’osmose entre le sujet du film et son traitement. Le réalisateur s’empare de l’écriture de Capote pour son roman-vérité : objective, détachée, sans grand mouvement lyrique, mais saisissante, fascinante. Il crée une ambiance envoûtante grâce à sa mise en scène sobre et à sa gestion des silences. Lorsque la musique se met de plus en plus en avant, c’est dans le même souci d’expression des sentiments tout en retenue. Ainsi, aux habituels orchestres symphoniques hollywoodiens, Mychael Danna, le compositeur, répond le plus souvent par un simple piano. Dans la création de cette ambiance, un autre élément sonore est déterminant : la voix de Truman Capote. Très présente, son flot et sa sonorité particulière confère une identité unique au film. Assurément, ce style est le résultat d’une véritable recherche et non de la fainéantise ou d’un moule pris pour les Oscars. La preuve réside dans deux scènes aussi brutales qu’objectives que l’on trouve rarement dans une production lambda.
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Publié
le 08/03/2006 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Avec cette introspection tout en retenue dans l'esprit torturé de Truman Capote, Bennett Miller réalise une œuvre fine et intelligente. Evitant tous les écueils des biopics actuels, son traitement s’impose de lui-même. L’ambiance et la charge émotionnelle vous saisiront du premier au dernier plan. |
8/10
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