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Critique : Hell |
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Pour son second film après Barnie et ses petites contrariétés en 2000, Bruno Chiche change de registre avec l’adaptation de Hell, premier roman de Lolita Pille.
Sexe, drogues et boîtes de nuit, le tout entouré d’un douillet matelas de billets, voici le quotidien de Ella, qui s’est elle-même surnommée Hell. Pour retranscrire au mieux cet univers, Bruno Chiche a écrit au scénario avec l’auteur du livre dont il s’inspire, Lolita Pille. On suit le personnage éponyme, jeune femme profitant de l’argent de ses parents pour s’éclater dans tous les sens du terme et passer le plus clair de son temps à ne rien faire. Absolument perdu, il réagit à peine suite à son avortement. Elle semble coincée dans ce microcosme où ne pas se montrer un seul soir en boîte vaut des remarques acerbes de la part de ses « amies ». A la recherche de quelque chose pour sortir de ce train-train quotidien, elle rencontre alors Andréa, jeune homme du même milieu devancé par une réputation peu glorieuse. Une relation sous forme de jeu se tisse entre les deux.
Cette première partie du film est pour le moins décevante. Le récit est plat et très froid. Si l’on peut encore se raccrocher à l’humanité de Hell, son entourage rend les scènes proches de l’insupportable. Les répliques qui se veulent provocantes de Ella frôlent le pathétique une fois sur deux. Le film n’arrive pas à trouver une identité propre, le réalisateur se contente de faire trembler sa caméra numérique. Le manque de véritable ambiance empêche de rentrer dedans. Seule l’interprétation de Nicolas Duvauchelle et Sara Forestier sauve ce fastidieux début, essayant de rendre la folie de la nuit que la réalisation n’arrive jamais à saisir. Mais alors que l’on craint le pire, la déchéance de ses personnages principaux marque la renaissance de Hell. Le récit se concentre sur le couple et sur son aspect humain, oubliant un peu les frasques déjà vues cent fois en mieux. Malgré quelques maladresses, Bruno Chiche montre même quelques bonnes idées de réalisation qui, si elles avaient été présentes tout au long du film, lui aurait donné une véritable identité. Une unité se crée autour de longs et beaux plans et du goût du réalisateur pour les décadrages. L’ambiance prend enfin et touche le spectateur.
Malgré cette embellie, Hell reste décevant. Il n’arrive pas à prendre des choix clairs. Hésitant entre un traitement hardcore à la Baise-moi et une vision stylisée comme ce qu’a pu faire Gus Van Sant avec Last Days, il finit en hybride bancal. Peut-être un réalisateur à l’univers plus tranché aurait-il pu apporter sa personnalité… De la même manière, le traitement paraît au final assez propret comparé au sujet même du film. Si le réalisateur s’attarde souvent sur la poitrine dénudée de Sara Forestier, il élude toute autre partie du corps ainsi que toutes images très choquantes. Sans tomber dans le racoleur gratuit, il aurait fallu que le tout paraisse un peu moins propret pour paraître plus en osmose avec son sujet. La nécessité d’une diffusion en prime time sur M6, productrice du film, l’aurait-il emporté sur la volonté trash du film ?
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Publié
le 06/03/2006 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Avec un récit qui aurait pu faire un film marquant, Hell rate le coche, finalement bancal et avec un manque d’âme malgré quelques scènes très intéressantes. Décevant. |
6/10
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