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Critique : Hostel |
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Le voilà, le film qui profite d’une rumeur monstrueuse depuis un moment sur Internet et dont la promotion outrancière nous promet des scènes insoutenables. Alors, qu’en est-il vraiment ?
Hostel. Rien qu’à l’annonce du titre de ce film, beaucoup d’amateurs de films d’horreur se dressent, préparés à recevoir dans les salles obscures le métrage qu’on promet comme étant le plus choquant et le plus gore depuis un moment, chose appuyée par une promotion qui met clairement l’accent sur les innombrables tortures présentes dans le film. Disons-le tout de suite, Hostel est loin d’être le film d’horreur de la décennie. Le film nous propose de suivre le périple de trois jeunes en pleine virée européenne, à la recherche de belles filles et de sexe. Alors qu’ils sont à Amsterdam, un homme leur conseille d’aller à Prague où se trouvent, selon lui, des filles très faciles qui font n’importe quoi pour de l’argent. Ceci leur sera confirmé un peu plus tard dans le train qui les transporte où ils font la rencontre d’un homme quelque peu bizarre. Une fois sur place, effectivement, les filles sont très belles et peu farouches. C’est donc le paradis pour ces trois jeunes gens jusqu’à ce que l’un d’entre eux disparaisse mystérieusement.
Allez, on va l’avouer tout de suite : Hostel comporte son lot de tortures en tout genre qui sera apte à faire tourner de l’œil les âmes les plus sensibles. Certes, ces scènes sont quelques fois difficilement soutenables mais on est loin d’être en la présence du film ultra-gore à outrance qui était vendu comme tel. En effet, les amateurs d’horreur pourront être tout de même quelque peu étonnés, voire agacés de voir Eli Roth, malin dans sa mise en scène, ne pas assumer pleinement l’horreur qu’il veut installer en laissant vagabonder sa caméra pour que les actions se déroulent quelque fois hors-champ, le tout porté par une bande-son ne faisant pas dans la finesse. Les non-initiés auront toutefois nettement leur compte et devront certainement se munir d’un sac en plastique pour éviter de rendre les choses qu’ils pourraient avoir sur l’estomac. On comprend quelque peu pourquoi Quentin Tarantino s’est associé à ce projet car Eli Roth, comme lui, démontre son grand amour du cinéma en faisant de nombreuses références à des grands films du genre. Mais ce n’est pas Tarantino à la réalisation et ça se ressent. C’est sans grande inspiration et assez platement que le film est mis en images et s’appuie sur un scénario linéaire au possible qui ne surprend pas. Le film sème un nombre assez impressionnant de clichés, notamment dans sa première partie à rallonge qui s’étend beaucoup trop sur les délires puérils de ses protagonistes, caricaturaux au possible, auxquels on ne parvient pas vraiment à s’attacher. Ceci influe donc forcément sur la deuxième partie où l’on n’arrive pas vraiment à éprouver de la compassion pour ces pauvres bougres se faisant mutilés par quelques riches personnes en manque de sensations fortes. Certes, on comprend la démarche de Eli Roth de dénoncer ces trafics horribles (il faut quand même se rappeler que c’est basé sur des faits réels), mais il le fait assez maladroitement. La rupture claire entre les deux parties du film est assez déstabilisante et les scènes de tortures nous sont amenées sans qu’aucune montée de tension ait été vraiment élaborée, si bien que notre impression balance entre réel effroi et gratuité des faits. Certes, le spectacle est tout de même assuré mais fait preuve d’un manque de maîtrise que le jeune réalisateur pourra, on l’espère, acquérir avec ses prochains films. Finalement, le film de Eli Roth se veut être un renouveau du genre alors qu’il n’invente rien et n’est qu’à moitié réussi, la faute à un scénario flemmard et à des acteurs peu performants. Un spectacle honnête en somme, rien de plus.
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Publié
le 02/03/2006 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Hostel fera sûrement tourner de l’œil les âmes les plus sensibles mais a été nettement survendu comme le film d’horreur le plus angoissant de la décennie. La faiblesse du scénario et le peu d’implication des interprètes tirent clairement le film vers le bas. A défaut du grand film attendu, on tient là un spectacle juste honnête. |
5/10
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