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Critique : Mémoires d'une geisha |
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Rob Marshall, réalisateur du multi oscarisé Chicago, adapte le célèbre roman d’Arthur Golden avec un casting prestigieux.
En 1999 sortait le futur best-seller Geisha, premier roman de l’américain Arthur Golden, dont les droits pour le cinéma étaient tout de suite acquis par Steven Spielberg. Sept ans après arrive logiquement sur nos écrans le film au titre traduit par Mémoires d’une geisha. Plongé dans le Japon des années 30 et 40, on suit Chiyo, une petite fille vendue à une maison de geishas. Confrontée à de nombreuses difficultés, c’est sous son point de vue d’esclave qu’elle découvre ce milieu secret. Les rivalités entre les deux geishas principales, Hatsumomo et Mameha, lui donneront une chance inouïe. Cette dernière propose en effet à Chiyo de devenir la geisha Sayuri. La jeune femme accepte, certaine que cet art lui servira pour séduire un homme dont elle s’est éprise. Elle déchantera vite en découvrant les obligations de cette vie. Mémoires d’une geisha nous plonge en même temps que son héroïne dans ce microcosme féminin où les rivalités s’exercent pour devenir la meilleure. Malgré cette intéressante description, le scénario tourne à la romance classique dont seul l’exotisme permet de se différencier du reste de la production. Les fans du genre laisseront couler leur petite larme à la fin du film. Pour les autres, le scénario essaie heureusement de faire passer la romance au second plan pour se focaliser sur la description de quatre personnages. Ces quatre geishas, désillusionnées et parfois cruelles, sont le point fort de l’histoire, attirant toute la sympathie. Elles sont, de plus, interprétées magnifiquement par Zhang Ziyi, Gong Li, Michelle Yeoh (peut-être les trois actrices chinoises les plus en vue actuellement) et Youki Kudoh.
L’antagonisme entre l’assez peu intéressante romance et l’exploration du monde des geishas se retrouve sur le traitement. Assez peu à l’aise et imaginatif quand il s’agit de filmer son histoire d’amour, Rob Marshall montre l’étendue de ses talents dès qu’il est libéré de ce cadre. La reconstitution du Japon des années 30 et 40 est réussie au niveau costume et décor. Dans ce cadre favorable, le réalisateur nous plonge dans des nuits peuplées de geishas. La vie nocturne signifiant obligatoirement éclairage artificiel, il en profite pour nous livrer un hommage à la gestion des couleurs typiquement japonaise. Avec une volonté esthétique claire, Rob Marshall prend des risques pour signer quelques très beaux plans, loin de se contenter de filmer platement. La direction de la photographie fait d’ailleurs partie des six nominations, principalement techniques, aux Oscars que le film a récoltées. L’ancien chorégraphe et réalisateur de la comédie musicale Chicago se rappellent à notre bon souvenir pour signer les superbes scènes de danse rythmant le métier de geisha. Le tout est agrémenté des excellentes compositions de John Williams, qui obtient à cette occasion sa 40ème nomination pour les Oscars ! L’esthétique ne gêne toutefois pas le déroulement du récit comme on aurait pu le craindre et confirme le potentiel que Rob Marshall avait déjà montré dans Chicago.
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Publié
le 01/03/2006 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Esthétiquement superbe, Mémoires d’une geisha est une intéressante plongée dans le monde des geishas, légèrement entachée par une histoire d’amour trop classique. |
7/10
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