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Critique : The Ballad of Jack and Rose |
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Daniel Day-Lewis est un très bon acteur qui a tendance à se faire rare. Voici sa nouvelle apparition au côté d’une jeune actrice prometteuse : Camilla Belle.
Daniel Day-Lewis aime se faire désirer. Cet acteur au talent indéniable et au charisme imposant repointe donc le bout de son nez trois ans après son interprétation marquante de Bill « Le Boucher » dans le Gangs of New-York de Martin Scorsese. On le retrouve ici dans cette histoire prenant place en 1986, sur une île au large de la côte Est des Etats-Unis. Jack habite avec sa fille Rose, seize ans. Vingt ans plus tôt, il vivait au sein d'une communauté hippie. Depuis, ses anciens compagnons sont partis et, bien décidé à défendre ses idéaux, Jack a tout fait pour protéger Rose de l'influence néfaste du monde. Le jour où il décide de faire venir sur place sa maîtresse et ses deux fils, une grave crise familiale éclate. Rose, isolée depuis tellement longtemps du monde avec son père qu’elle aime au plus haut point, ne voit pas d’un bon œil l’arrivée d’une femme qui la supplantera dans le cœur de celui-ci. Tout cela sans compter sur un promoteur immobilier qui compte bien implanter des villas non loin du domaine de Jack, qui ne va pas tarder à montrer sa désapprobation.
Rebecca Miller, la femme de Daniel Day-Lewis, réalise ici un film sur les illusions perdues, le temps où certaines personnes essayaient de sauver la société s’éloignant de plus en plus de la nature pour vivre à un rythme effréné. Elle décide donc de le faire en se concentrant sur une relation père-fille, couple éloigné de la civilisation mais qui se voit fatalement rattrapé par elle lorsque des villas commencent à se construire non loin de chez eux. La réalisatrice dépeint avec justesse la relation de ces deux personnes vivant depuis si longtemps ensemble, frôlant logiquement l’inceste tellement ils sont déconnectés du reste du monde. Ce couple est interprété par deux acteurs époustouflants. Tout d’abord, bien sûr, Daniel Day-Lewis réalise encore une performance dont il a le secret dans le rôle de cet homme au bord de la mort pour cause de problème cardiaque, à la fois fort et fragile. Sa fille est interprétée de fort belle manière par Camilla Belle, véritable révélation de ce film, vraiment troublante dans son rôle de fille innocente, vouant une admiration sans bornes à son père, qui va néanmoins s’avérer sans scrupules lorsque son petit monde va être bouleversé par l’arrivée de la famille de la supposée nouvelle femme de celui-ci. A partir de là, le récit s’attarde beaucoup plus sur elle et les découvertes qu’elle fait, que ce soit sur le plan émotionnel, relationnel ou sexuel.
Camilla Belle arrive à retranscrire parfaitement à l'écran tous les doutes qui assaillent cette jeune fille totalement déboussolée. Le film est malheureusement faiblard sur le plan scénaristique et illustre sans réelle originalité cette découverte d’éléments nouveaux et cette confrontation à l’inconnu. Il est même assez maladroit dans la délivrance de son message, pourtant ô combien sincère, de tout ce à quoi l’humanité est en train de fatalement s’éloigner et de perdre, et se termine sur une fin assez conventionnelle, heureuse, voire moralisatrice qui a de quoi déstabiliser. Malgré tout le film porte bien son nom et se laisse suivre comme une belle ballade qui nous éclaircit les idées, qui soulève des problèmes intéressants et qui est portée par une distribution convaincante dans lequel le couple central est entouré par des acteurs de talent tels que Catherine Keener et Jena Malone.
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Publié
le 20/02/2006 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
De façon maladroite mais sincère, Rebecca Miller nous livre un film mélancolique sur les illusions perdues sublimé par une relation père-fille forte portée par le talent de Daniel Day-Lewis et l’éclatante révélation qu’est Camilla Belle. |
6/10
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