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Critique : Fauteuils d'orchestre |
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Après La Bûche en 1999, Danièle Thompson remet le couvert dans le genre du film choral avec ce Fauteuils d’orchestre sympathique.
Après La Bûche, nommé aux César 2000 de la Meilleure Première Œuvre et du Meilleur Scénario, Danièle Thompson nous avait laissé avec un Décalage horaire en demi-teinte dans lequel le duo Juliette Binoche/Jean Reno ne fonctionnait pas vraiment. Voici donc sa troisième réalisation avec Fauteuils d’orchestre. On suit ici une pléthore de personnages. Tout d’abord, Jessica, une provinciale monte à Paris et décroche un job au Café des Théâtres, endroit très prisé par une clientèle d’artistes. Elle va alors être en relation avec un monde qu’elle ne faisait que fantasmer et va même faire la rencontre de Catherine Versen, grande héroïne récurrente de la télévision dont sa grand-mère et elle sont fans. Catherine Versen, justement, en a assez d’être cataloguée comme star de la télévision et rêve de grand cinéma. Elle va tout faire pour impressionner un célèbre metteur en scène américain recherchant quelqu’un pour interpréter Simone de Beauvoir dans son prochain film. Dans ce même quartier de Paris se produit Jean-François Lefort, célèbre pianiste, qui n’en peut plus de la mondanité et souhaite pouvoir jouer devant des gens qui ne connaissent rien à la grande musique. Un autre homme, Jacques Grumberg, va vendre en une soirée toute sa collection d’objets d’arts, œuvre de toute une vie. Tous les parcours de ces personnes vont s’entrecroiser jusqu’à une soirée qui va les mettre face à des choix cruciaux.
Racontée comme cela, l’histoire de ce Fauteuils d’orchestre peut paraître foisonnante et elle l’est. On navigue sans cesse d’une histoire à une autre, chacune ayant tout de même des interconnexions fréquentes où les personnages vont pouvoir échanger leurs état d’âmes. Faire un film choral est difficile tant il faut que chaque personnage ait son importance et que l’histoire et la mise en scène fassent transparaître une vraie unité. Sur ce point là, Danièle Thompson, à l’instar de La Bûche, y parvient plutôt bien, conférant une réelle consistance à son métrage. Par contre, comme cela avait été un peu le cas dans Décalage horaire, elle rate le coche quand il s’agit de monter des scènes dramatiques réellement plausibles. On a l’impression ici que l’émotion est toujours forcée et n’arrive pas vraiment à atteindre le spectateur, tout est trop magnifié et amplifié pour être crédible. C’est dommage et c’est bien sur ce seul point que le bât blesse tant le reste est d’une grande réjouissance.
Lorsqu’il joue la carte du comique, le film est vraiment bien mené, cela grâce à des dialogues vachards et truculents à souhait lâchés par des acteurs au meilleur de leur forme. La palme des meilleurs répliques est attribuée ex aequo à Valérie Lemercier et Cécile De France, la première parfaite en actrice lessivée et la seconde excellente en petite provinciale franche du collier. Les banderilles fusent et le spectateur se délecte devant un tel raffinement dans les différents échanges. Les autres comédiens sont également en grande forme, que ce soit Albert Dupontel vraiment touchant en pianiste au bout du rouleau, Claude Brasseur qui a une présence à l’écran qu’on avait pas revu depuis un moment ou Christopher Thompson en prince charmant pas très charmant. On retrouve également avec plaisir Sydney Pollack à qui le ton de la comédie va bien et l’on peut apprécier pour la dernière fois le sourire de la regrettée Suzanne Flon. On se dit au final que si l’aspect dramatique des choses avait été plus finement abordé, on aurait eu droit à un très grand film. Malgré tout, on se retrouve devant un film tout de même assez euphorisant, et c’est déjà ça de pris.
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Publié
le 15/02/2006 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Fauteuils d’orchestre vaut le détour rien que pour sa pléthore d’acteurs en très grande forme et son côté comique très efficace grâce à des dialogues percutants. |
7/10
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