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Critique : Bubba Ho-Tep |
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Bubba Ho-Tep, ou comment le véritable Elvis Presley et un homme se prenant pour Jack Kennedy, tous deux pensionnaires de l’hospice du coin, vont devoir combattre une momie maléfique.
Non, Elvis n’est pas mort et Bruce Campbell est là pour nous le rappeler. Lassé de sa vie de Rock n’Roll Star, le chanteur décida brusquement de faire appel à un sosie (Sebastian Haff) afin de le remplacer l’espace de quelque temps. Malheureusement, c’est dans un malencontreux accident de barbecue que le contrat liant les deux ‘Elvis’ fut brûlé. Le véritable Elvis Presley dut donc se résoudre à effectuer des concerts misérables en tant que…doublure d’Elvis. Et c’est à la suite d’une douloureuse chute de scène, que le King, blessé à l’entre jambe, vit ses capacités mobiles se réduire de manière considérable. Pire encore, « une excroissance sur la queue » comme il le dit lui-même, le force à rester coucher à l’hospice. C’est là qu’il fera la connaissance d’un doux dingue se prenant pour Jack Kennedy. Lorsque des phénomènes étranges provoquent la disparition des différents membres de l’asile, les deux compères mettent tout en œuvre pour rétablir la vérité, et venir à bout de Bubba Ho-Tep, une momie séculaire, qui aspire l’âme des vivants par leur trou du cul.
Vous l’aurez compris, l’histoire de ce Bubba Ho-Tep est évidemment à prendre au quatorzième degré. Cette fiction déjantée permet donc à Bruce Campbell d’endosser un rôle qui lui sied à merveille (si ce n’est même son meilleur rôle) en incarnant un Elvis délaissé et incompris, en quête de personnalité. Evidemment, le film est kitsch à souhait et certaines scènes comme le combat entre Bruce Campbell et un cafard particulièrement vorace rappelleront à beaucoup les meilleurs moments de la trilogie Evil Dead. Ne vous attendez donc pas à des combats dantesques, soutenus par des effets spéciaux dernier cri. Tout ici est prétexte à la franche rigolade et à la dérision. Toutefois, point de gags lourds et convenus, la trame s’appuie davantage sur le pathétique de ces deux personnages, totalement ridicules en début de film, voire même particulièrement grossiers et vulgaires en ce qui concerne Bruce Campbell, mais qui finissent toutefois par s’attirer la sympathie du spectateur en cours de route. La trame est sans cesse narrée ou bien expertisée par nos deux héros, et ainsi, Elvis et Jack Kennedy tenant un discours on ne peut plus solennel sur la manière dont la momie aspire l’âme des mortels par leur trou du cul est un pur moment d’extase. Ne sombrant jamais dans la grossièreté (ces scènes n’étant évidemment pas montrées), le film se repose donc essentiellement sur ces deux personnages en quête de gloire passée (Elvis arborant son habit de rocker lors des grandes occasions), perdus dans une maison de retraite du Texas. Un humour distillé avec merveille, même si certaines scènes (apparitions subliminales, déambulations de la momie dans les couloirs de l’hospice…) nous rappellent qu’il s’agit bien là d’un bon vieux film d’horreur de série B, avec son lot de gore et de ridicule.
Bien que parfaitement dirigé et orchestré par Don Coscarelli, et sublimé par une très bonne photo, Bubba Ho-Tep ne plaira clairement pas à tout le monde. Petit budget oblige, les quelques effets spéciaux qui émaillent le film sont d’une légèreté absolue, et même si cela renforce le côté ridicule de l’ensemble, les fans d’explosions et de gros monstres dégoulinants seront outrés de voir le déplacement totalement mécanique des cafards ou encore le look cow-boy d'outre-tombe adopté par la momie. De même, totalement dépourvu d’action (hormis quelques rares moments de bravoure et notamment les phases de Kung Fu du King), le spectateur avide de combats et de revirements de situation baillera à maintes reprises devant les nombreux monologues et flash-back de ce pauvre Elvis. En contrepartie, les fans des anciens films d’horreur (comme Evil Dead 1 et 2), trouveront là un digne représentant du genre, et les adorateurs de Bruce Campbell seront tout simplement époustouflés par la composition de l’acteur, plus vrai que nature en Elvis déchu, qui va même jusqu’à parfaitement imiter la voix et la dégaine du King. Le spectateur lambda ne verra donc peut-être aucun intérêt à cette chasse à la momie texane, et trouvera le temps long, si bien qu’il pensera que le film aurait pu aisément être écourté d’une bonne demi-heure, et ainsi constituer un très bon épisode des Contes de la Crypte par exemple.
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Publié
le 14/02/2006 par Stéphane Ficca
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| Verdict |
Film culte en puissance pour certains, véritable navet pour d’autres, Bubba Ho-Tep ne laissera personne indifférent, c’est une certitude. Maintes fois acclamé lors de nombreux festivals ces deux dernières années, le film s’adresse clairement aux fans de série B, et aux adorateurs de Bruce Campbell, qui trouve ici probablement son meilleur rôle. |
7/10
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