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Critique : Toute la beauté du monde |
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Trois ans après le succès de Le cœur des hommes, Marc Esposito revient en adaptant son premier roman, Toute la beauté du monde.
Comme l’affirme fièrement l’affiche, Toute la beauté du monde (titre un peu prétentieux d’ailleurs…) est « une histoire d’amour écrite et réalisée par Marc Esposito ». On y retrouve d’ailleurs trois acteurs de son précédent film, Le cœur des hommes : Marc Lavoine, Zoé Felix et Jean-Pierre Daroussin. Les deux premiers jouent le couple principal. On y suit Tina, veuve avec deux enfants qui a perdu le goût d’aimer depuis la mort de son mari il y a 8 mois. Franck fait sa connaissance et décide de l’aider à surmonter l’épreuve en espérant en récolter les fruits plus tard. Un brin manipulateur, ce grand voyageur s’arrange pour qu’elle parte à Bali en même temps que lui. L’histoire d’amour essaie d’adopter un angle un peu différent de celui habituel dans la mesure où les deux parlent ouvertement de l’amour à sens unique de l’un pour l’autre. Une lutte de longue haleine commence donc pour Marc Lavoine qui devra conquérir Zoé Felix grâce à moult efforts, sans être sûr de sa réaction. Le problème c’est que Marc Esposito invente un nouveau principe : l’histoire d’amour où l’on souhaite que la relation échoue. Autant on s’attache un peu à la veuve Tina, autant Franck horripile. Marc Lavoine hérite du rôle d’un adolescent attardé qui s’ignore, alignant les dialogues énervants sortant tout droit d’un livre. Le réalisateur a donc raté l’histoire d’amour, l’enjeu principal de son film.
Le second argument de vente du film est l’utilisation des paysages de Bali. En effet, il faut bien dire qu’il s’agit d’un endroit d’une extrême beauté et que le film le montre parfaitement. Mais encore une fois, Marc Esposito est à côté de la plaque. Un message écrit au début du générique de fin affirme que le tournage fut une extraordinaire expérience humaine grâce à la population locale. Problème : le réalisateur oublie de la montrer dans le film ! Il y a quelques semaines sortait The Constant Gardener, où Fernando Meirelles lâchait en improvisation ses acteurs suivis d’une caméra à l’épaule pour saisir la vie qui anime l’endroit. Ici, rien de cela, les quelques plans de marché sont filmés et montés parmi les paysages, comme si personne n’y habitait. On suit des occidentaux nombrilistes rejoignant des amis occidentaux qui ont une maison dans un quartier où n’habitent que des occidentaux. Heureusement, parfois, pour que la fête soit plus folle, on invite les habitants de Bali (et surtout leur ami Champi !). Aucune découverte de la population locale, le peu d’informations anecdotiques n’est lâchée par Franck l’Encyclopédie que pour impressionner mademoiselle. La troupe se paie un tour de la région en moto, prenant à peine le temps de s’arrêter ou d’enlever leurs écouteurs. C’est tellement mieux la nature avec la technologie et les hôtels luxueux ! Marc Esposito essaie de donner une illusion de spontanéité en faisant bouger sa caméra à l’épaule mais ne donne jamais le change. La pauvreté cinématographique atteint le ridicule avec la gestion de la musique. Vraisemblablement sponsorisé par une marque de baladeur MP3, le film est une ode à une nouvelle façon d’écouter de la musique, proche du zapping TV : écouter une minute d’une chanson puis passer à autre chose. L’effet juke-box composé de transitions vaseuses entre les morceaux donne au générique une liste impressionnante de chansons. Quant aux rares compositions originales, elles sont utilisées en boucle de manière assez exaspérante.
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Publié
le 14/02/2006 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Beau comme un voyage de groupe pré-organisé sans romance. On lui préfèrera le hors-piste touristique. |
4/10
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