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Critique : 13 (Tzameti) |
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Une nouvelle génération de réalisateurs organiserait-elle la résistance contre Les bronzés 3 ? Après Sheitan de Kim Chapiron, voici 13 (Tzameti) réalisé par Géla Babluani, un franco-géorgien de 27 ans.
13 (Tzameti) a fait l’événement fin janvier en étant le premier film français à remporter le Grand Prix du Jury au festival de Sundance. Egalement auréolé d’un Lion du Futur (prix du meilleur premier film) à Venise, 13 (Tzameti) est fort logiquement accueilli avec curiosité dans nos salles. Une curiosité qui se poursuit lors de la projection puisque le réalisateur nous plonge d’entrée dans un récit dont on ne comprend pas vraiment les enjeux, le tout filmé en noir et blanc. Sébastien, jeune homme d’origine géorgienne, interprété par le frère du réalisateur, répare le toit de maison d’un homme abusant de drogues. Il serait criminel d’écrire une ligne de plus sur l’intrigue. Naviguant à l’aveugle, il est difficile de rentrer dans 13 (Tzameti) comme dans n’importe quelle production. L’ambiance, que l’on pourrait rêver proche de celle d’Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick, ne prend pas vraiment, la faute à des acteurs et des dialogues pas toujours au niveau. Les interprètes sont principalement amateurs, à part Aurélien Recoing et Jo Prestia, des personnalités souvent synonymes de prises de risque dans un film. On voit les bonnes volontés du réalisateur mais le tout sent malheureusement l’amateur à plein nez.
Le mystérieux polar paraît franchement long jusqu’à l’entrée dans le vif du sujet, prouvant les talents de Géla Babluani. Le climax, aussi éprouvant physiquement et nerveusement pour le spectateur que pour les acteurs, nous scotche dans notre fauteuil. Esthétiquement, rythmiquement, plus rien n’est à reprocher à la réalisation. Le jeune homme de 27 ans est assurément quelqu’un qu’il faudra suivre dans les prochaines années. Il se joue des longueurs précédentes et on lui pardonne son début, passage obligé pour se plonger dans l’horreur qu’il nous propose. On arrive enfin à accrocher au personnage de Sébastien. L’empathie fonctionne puisqu'il prend le simple statut d’homme et perd la personnalité que le réalisateur a essayée de lui imposer au début. Malgré sa froideur, le récit se dote d’un côté humain même chez des personnages qui ne nous ont pas été présentés avant. La première partie était donc plus une préparation du spectateur que des personnages.
En effet, l’autre dimension que prend le film se fait au prix d’une moralité assez radicale, pouvant choquer, ce qui participe pleinement à la claque que met le récit. Loin du second degré affiché dans Sheitan, une vision sombre de l’humanité imprègne ici l’intrigue. L’ambiance glauque et froide installe le malaise comme rarement dans un film français. Pour les fans du genre, il s’agit d’un véritable bijou. Pour les âmes sensibles, une véritable épreuve. Dans tous les cas, une expérience. On ne peut que remercier les sociétés de production qui ont pris le risque de financer ce film, à l’heure où chaque produit cinématographique doit être taillé pour amener un maximum de personnes devant les publicités.
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Publié
le 12/02/2006 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Absolument inégal, 13 (Tzameti) marque les esprits grâce à un climax rarissime et époustouflant. |
7/10
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