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Critique : Sheitan |
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Suite à une soirée qui finit mal, une bande de jeunes s’en va passer la journée de Noël dans une maison de campagne. Mais là où l’on pense que rien ne peut se passer, Joseph, un étrange gardien, vient orchestrer le début d’un enfer.
La France semble en conflit permanent avec tout ce qui est jeune et provenant des banlieues. Un sujet délicat qui a toutefois réussi à alimenter de très longs débats, et à mettre en avant des films relatant avec violence les faits (La Haine de Mathieu Kassovitz). Kourtrajmé, qui depuis un petit moment réalise des courts-métrages coup de poing avec l’aide de tout ce qu’on peut récupérer des milieux défavorisés (insultes, chaussettes-par-dessus-le-survet, pitt-bulls et Vincent Cassel), s’engouffre dans la folie du long-métrage avec Sheitan. Cela aurait pu virer à l’histoire d’une bande de lascars qui subit les confrontations quotidiennes avec les autres gangs ou les policiers. Mais non, ici, les méchants sont des gens de la campagne physiquement affreux et mentalement déjantés.
Que peut-on espérer d’une telle rencontre ? Le résultat est assez étonnant. Car malgré une bande-annonce qui nous promet un thriller assez expérimental, on fait finalement face à un univers si absurde qu’il en devient absolument hilarant. L’accent très français du chef des campagnards (Vincent Cassel) n’a pour réponse que des flots d’insultes. Les dialogues sont, il faut l’avouer, assez originaux pour un film français, et Kim Chapiron sait très bien les utiliser pour créer des situations assez percutantes. Le tout est souligné d’une exagération souhaitée, qui rappelle la folie des courts-métrages du collectif.
Et dans Sheitan, tout part très vite en vrille (les acteurs y compris). On ne nous épargne rien : les propos sont souvent vulgaires, les coups s’envolent pour des raisons futiles, les héros affichent sans honte leur envie de se taper la fille d’à côté. Et bien entendu, la fin nous épargne le happy end et la leçon de morale. Tout est gratuit et c’est assez jouissif. Reste que le film risque de ne pas plaire à une catégorie de spectateurs, non amateurs de la vulgarité ou de l’humour à la Jamel Debbouze, ou tout simplement, ceux qui veulent absolument trouver un sens là où il n’y en a pas besoin. Pour tous les autres, le plaisir ne se boude pas, et le spectacle est intense, du début à la fin.
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Publié
le 09/02/2006 par Robert Ly
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| Verdict |
Surprenant, drôle et sauvage, ce premier long-métrage de la fabrique Kourtrajmé a la mérite d’être un film de banlieue, mais sans la banlieue. |
8/10
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