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Critique : Faux amis |
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Le soir du réveillon de Noël, deux compères décident de détourner un gros paquet d’argent au roi de la pègre de Kansas City. Tout va devenir assez compliqué…
Harold Ramis, réalisateur du petit bijou Un jour sans fin en 1993 avec Bill Murray, et plus récemment de Mafia blues et sa suite, nous livre son nouveau film où il explore le polar teinté d’une grosse dose d’humour noir. Tout se passe le soir de réveillon de Noël. Le fameux avocat Charlie Arglist fait équipe avec Vic Cavanaugh, un dur à cuire, et orchestrent ensemble le détournement de fonds du roi de la pègre de Kansas City que défend Arglist. Sous le charme de Renata, la gérante du club de strip-tease local, il lui propose de le rejoindre et de partir avec l’argent. Mais tout ne va pas se passer comme prévu.
Pour sa première incursion dans le polar, Harold Ramis réalise un film classique mais sympathique. En effet, il faut dire tout de suite que Faux amis ne révolutionne rien dans le genre qu’il explore. Le scénario n’est pas des plus originaux et les personnages sont tous assez caricaturaux, respectant les codes établis. On y retrouve ainsi un héros un peu maladroit, un complice un peu louche, une beauté fatale, un méchant patibulaire et une boîte de strip-tease. L’histoire est un peu lente à démarrer, sans surprises et est faite de rebondissements plutôt attendus, Harold Ramis se contentant d’appliquer avec rigueur les recettes qui ont fait le succès du genre. Mais là où il nous surprend agréablement, c’est dans son aptitude à baigner son récit dans une ambiance délicieusement sombre et décalée, en implantant son récit le soir du réveillon de Noël, lorsque tout le monde s’offre des cadeaux et mange la dinde en famille. Il s’attarde sur les laisser pour compte, les hommes un peu paumés défilant sous nos yeux, notamment au club de strip-tease délicieusement dépeint où les employées ne sont pas forcément enchantées de travailler un tel jour. Ce décalage fonctionne à merveille grâce à une interprétation de bonne tenue par les acteurs de talents que sont John Cusack, parfait en avocat dépassé par les événements, Billy Bob Thornton et Connie Nielsen, tous très bien dirigés. Une mention toute spéciale est à décerner à Oliver Platt, la véritable perle du film, déclencheur de scènes de déprime bien senties et de dialogues pimentés.
On peut ajouter à cela le flic fayot aux scènes comiques redondantes avec lequel le réalisateur s’amuse pour mieux le faire intervenir dans une scène grave qui va prendre pour lui une tournure inattendue. Harold Ramis a fait ses preuves dans la comédie et le démontre en désamorçant les scènes les plus tendues grâce à un humour noir sympathique qui trouve tout son sens dans des dialogues d’une grande précision, ce qui nous livre des scènes hautement jouissives, dont celle du gangster enfermé dans une malle qui est tout bonnement irrésistible. Le comique très présent n’empêche pas certaines montées dans la violence qui ne sont pas sans rappeler les frères Coen, Harold Ramis réussissant à bien doser les deux éléments pour qu’ils cohabitent habilement. Certes, il ne s’agit pas d’un film inoubliable mais bien apte à nous faire passer un bon petit moment.
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Publié
le 06/02/2006 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Harold Ramis nous livre un polar qui respecte les codes établis mais qui est soutenu par une interprétation brillante et une ambiance sombre délicieusement teintée d’humour noir. |
6/10
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