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Critique : Bambi 2 |
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Disney poursuit son travail de fabrication en série de suites à ses classiques. Cette fois-ci, c’est au tour de Bambi, confié aux soins de DisneyToon Studios, responsable d’un Winnie l'ourson et l'Efélant qui a eu plutôt bonne presse à sa sortie.
Lorsqu’on va voir la suite de l’un des plus beaux dessins animés de l’histoire, on ne peut qu’être rempli d’appréhensions. Pourtant, l’honneur d’une sortie en salle paraît un gage de qualité, sachant que Disney ne réserve cela qu’au haut de sa production de suites (Toy Story 2, Winnie l’ourson et L’Efélant…), le reste sortant directement en vidéo. La scénariste Alicia Kirk s’attaque au mythe par un angle assez difficile. Au lieu de livrer une séquelle où l’on suivrait le tout juste père Bambi, elle choisit de reprendre le récit en remplissant l’ellipse laissée par une ellipse après la mort du faon. Le challenge est de taille puisque pour respecter l’original, Panpan, Fleur et Féline devraient être absents et toute histoire d’amour bannie. La scénariste se libère de ces limites reprenant tous les personnages principaux. L’histoire d’amour, elle, est à peine ébauchée de peur d’être irrespectueux envers l’original et est un élément faible du film. L’ajout du personnage de Ronno, faon arrogant un peu plus vieux que Bambi, est là aussi inutile. Le scénario réussit bien mieux quand il va vers des terrains déjà exploités par le premier épisode et par Le Roi Lion, un film aux thématiques très proches. Le deuil de la mère est d’abord évoqué laissant ensuite la place aux relations père/fils. La figure du Roi ne sachant se comporter face à son enfant rappelle la relation entre Mufasa et Simba. Cet aspect marche plutôt bien même si l’originalité n’est pas le maître mot.
L’histoire se révélant particulièrement simpliste, sans véritable intrigue, on se laisse mener par l’ambiance. Le ton rappelle lui aussi Le Roi Lion. Les jeux des trois amis sont plaisants à regarder. L’espièglerie de Bambi et, dans une moindre mesure, de son père, font apparaître des sourires. Les deux chansons très typées Disney passent plutôt bien. Du point de vue de l’esthétisme, Bambi 2 pioche clairement du côté de son original, mais cela fait tellement longtemps que les écrans n’ont pas accueilli ce genre de résultat en 2D que ça fait réellement plaisir. Certaines scènes reprennent les codes du cinéma expressionniste, déjà utilisés dans le premier opus. L’expérimentation du côté du travail de la couleur est assez surprenante, prouvant que l’on ne se trouve pas devant une suite bâclée. La gestion de l’éclairage et la qualité des décors sont du même acabit. Pour compléter l’ambiance, le réalisateur Brian Pimental utilise même un morceau de la musique composée pour le dessin animé de 1942.
S’il ne contient pas l’émotion de l’œuvre originale, Bambi 2 est un dessin animé de facture classique comme on en voit peu actuellement. Il prouve que l’animation 2D peut être sublime quand elle est bien travaillée. Il s’agit d’un vrai film fait dans le moule des classiques Disney d’antan pour enfants. On sait maintenant que DisneyToon Studios peut faire du travail de qualité. Reste maintenant à exploiter ces capacités dans une œuvre originale, ce qui ne s’annonce pas forcément gagné puisque le studio doit encore bâcler cinq suites pour la vidéo dans les deux années à venir…
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Publié
le 05/02/2006 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Esthétiquement irréprochable, Bambi 2 nous plonge dans un monde plaisant qu’on redécouvre avec joie, même s’il ne tient pas forcément la comparaison avec un premier opus beaucoup plus dramatique. |
7/10
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