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Critique : Incontrôlable |
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Michael Youn perd le contrôle de son corps et va vivre un véritable enfer. Attention, ça va faire mal !
Pour tenter de renouveler la comédie française, voilà que Raffy Shart, le scénariste Ma femme s’appelle Maurice, tente de faire une comédie à l’américaine avec Michael Youn à la place de Jim Carrey. L’intention est louable mais le résultat est loin des espérances. On se retrouve avec Georges Pal, scénariste raté qui enregistre refus sur refus et qui noie son chagrin principalement avec de la bière et des kebabs. Tout ça jusqu’au jour où son corps décide de se retourner contre lui et de pourrir la vie en lui faisant subir les situations les plus humiliantes.
Toute tentative de renouveler la comédie française qui a tendance à nous resservir toujours la même chose est à prendre avec considération. Malheureusement, ce n’est pas avec cet Incontrôlable là que la démonstration est réussie. Déjà, rien que voir à la réalisation le scénariste de Ma femme s’appelle Maurice avait de quoi rendre méfiant, et ce n’est pas une bande-annonce mal fichue qui pouvait enlever ces doutes. Nous voici dans une sorte de remake non avoué de Fous d’Irène des frères Farrelly avec un Michael Youn qui marche clairement sur les plates-bandes de Jim Carrey, ou du moins qui essaye. En effet, comme son modèle américain, on y retrouve un homme schizophrène qui tente de séduire une belle blonde, et on y voit même un nain surexcité roi de la castagne. Sous ses airs de long-métrage déjanté, le film nous sert d’entrée des gags lourdingues qui vont se succéder sans sourciller tout au long du métrage, larguant même les amateurs d’humour débile devant le pathétique de certaines situations. Ce n’est pas avec ce premier film que Raffy Shart va se faire un nom en tant que réalisateur tellement tout ça est assez mal mis en scène, avec des effets de style qui tombent à plat ou des tentatives d’humour décalé qui ne prennent pas. Les gags foireux se succèdent à une cadence soutenue, tirant fatalement des rires nerveux au spectateur qui a l’air d’assister à un mauvais trip dans lequel, heureusement, le ridicule ne tue pas.
Michael Youn, dont on sent qu’il serait pourtant capable de mieux avec un rôle plus intéressant, hérite ici d’un personnage tentant une fois de plus de mettre en avant son côté chien fou qu’il n’arrête pas d’user depuis le Morning Live. L’acteur s’est pourtant réellement impliqué dans le rôle, ayant pris beaucoup de poids pour être plus crédible. Mais ici, on se retrouve gêné de voir tout le beau monde présent se vautrer dans la fange, car c’est en effet incommodant d’assister à une comédie qui ne fait pas vraiment rire. On est en droit de se demander ce qu’Hélène de Fougerolles est allé faire dans cette galère si ce n’est qu’elle a visiblement dû bien s’amuser sur le tournage. Passons sur Thierry Lhermitte et Patrick Timsit, qui trouvent ici chacun des rôles d’une pauvreté affligeante, le premier en homme désagréable aux sourcils proéminents et le second en éditeur sans scrupules. On se retrouve au final assez énervé d’avoir assisté à une mauvaise blague et l’on serait presque en droit de demander le remboursement des 8 euros qui apparaissent alors comme un investissement exorbitant. On attend de voir maintenant Michael Youn dans son prochain film, Héros, afin de pouvoir vraiment juger de ses qualités de comédien.
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Publié
le 01/02/2006 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Raffy Shart nous livre ici un remake inavoué de Fous D’Irène en substituant Jim Carrey par Michael Youn. Il a beau être incontrôlable, tout cela finit par être insupportable. |
3/10
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