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Critique : Breaking News |
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Vous pensiez que le cinéma d’action « made in HK » était mort ? Johnnie To se charge de vous prouver le contraire avec son polar vitaminé.
Breaking News est réjouissant à plus d’un titre. Tout d’abord parce qu’il donne des nouvelles d’un genre que l’on croyait moribond depuis que John Woo était passé à l’ouest. Ensuite parce qu’il confirme qu’après l’anoblissement du Japon, la bonne santé de la Chine, et l’explosion littérale de la Corée du Sud, le cinéma asiatique est décidément au meilleur de sa forme et de sa popularité. Enfin, parce qu’il prouve, comme tant d’autres ces dernières années, que la reconnaissance occidentale est enfin acquise, grâce à des films cumulant succès critique et public. C’est d’ailleurs grâce à sa présentation à Cannes l’an dernier que ce film a fait la réputation de son auteur, sélectionné cette année encore avec Election.
Mais au-delà de ces considérations, Breaking News est avant tout un très bon film d’action, bien construit, bien filmé et bien écrit. Et mine de rien c’est déjà beaucoup lorsque l’on parle d’un genre déjà ultra exploité et facilement plombé de clichés. Les pièges, Johnnie To s’en joue avec une facilité déconcertante. Au premier rang de ceux-ci : le manichéisme. Il n’y a pas vraiment de méchants et de gentils dans cette histoire de flics associés de façon malsaine aux médias afin de redorer leur blason. Un blason entaché par une arrestation ratée ayant viré à la fusillade sanglante. De leur côté, les « voyous », issus de la Chine rurale, apparaissent comme bien plus charismatiques et humains que les policiers lancés à leurs trousses. Et même si To se débarrasse bien vite de son traitement de départ (la relation triangulaire entre les médias, le gouvernement et la police), il exploite jusqu’à l’os un scénario habilement parsemé de rebondissements vraiment inattendus et de fusillades musclées. La plus spectaculaire d’entre elles se trouve d’ailleurs contre toute attente être la scène d’ouverture. Un formidable plan-séquence de presque 8 minutes en guise de parachutage au cœur de la ville nous propulse au beau milieu d’une fusillade nerveuse et violente qui durera plus d’un quart d’heure. Quinze minutes pendant lesquelles vous serez heureux de n’être qu’un spectateur à l’abri dans sa salle noire. Un véritable tour de force… Et un sacré challenge pour To qui propose son bouquet final en guise d’introduction.
Cependant, le plaisir n’est absolument pas gâché, grâce aux talents de metteur en scène de To qui offre un très bon spectacle sans employer de grands artifices inutiles à la Fincher. Sa réalisation est stylée, mais n’oublie jamais d’être efficace. Chose trop rare actuellement pour ne pas être signalée. En revanche, le seul gros bémol du film réside dans l’interprétation. Non pas celle des deux principaux protagonistes masculins (Nick Cheung en inspecteur et Richie Ren en « méchant »), tous deux excellents. Mais celle de la pop star Kelly Chen en inspectrice roublarde, ou du moins supposée l’être. Une « anti-performance » tellement navrante qu’elle en vient même à gâcher une partie du spectacle. Mais cela n’est pas si grave, car on desserre les dents dès que réapparaissent Cheung ou Ren.
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Publié
le 01/07/2005 par Sabine Garcia
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| Verdict |
Un film original, généreux, respectueux du genre sans pour autant en rester prisonnier, et qui laisse présager beaucoup de bien dans la suite de la carrière de To. On attend désormais Election de pied ferme en France… |
7/10
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