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Critique : Munich |
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Steven Spielberg nous livre son nouveau film sur les événements tragiques survenus aux JO de Munich tout en le faisant coller étroitement avec l’actualité.
Alors que le film n’est pas un franc succès, loin de là, aux Etats-Unis et qu’une polémique prend déjà forme autour de lui, force est de constater que Steven Spielberg nous livre ici une oeuvre forte et marquante. Le film débute avec les événements tragiques survenus en septembre 1972 lorsque huit Palestiniens du groupe terroriste Septembre noir prenaient en otage des membres de la délégation israélienne et tuaient onze athlètes. Le film va alors relater la mission d’agents du Mossad engagés par l’état d’Israël afin de retrouver les organisateurs de ce massacre et de les éliminer.
Steven Spielberg aime travailler dans l’urgence et ainsi seulement six mois se sont écoulés depuis la sortie en France de La Guerre des Mondes. On peut dire qu’il opère ici un grand écart dans le thème mais pas dans la maîtrise technique. Il livre ici une œuvre où il choisit sciemment de ne prendre parti pour aucun des deux camps, et se contente de relater les faits, faisant même se rencontrer les deux chefs de faction ennemis lors d’une scène un peu surréaliste mais pleine d’enseignements et de propos véridiques. Dès le début du film, Steven Spielberg opte pour une réalisation tonique, caméra à l’épaule à l’instar de la scène d’ouverture de Il faut sauver le soldat Ryan. Il utilise ce procédé pour mieux absorber le spectateur au cœur de l’horreur en livrant des scènes de meurtres très dures et très crues. Il reprend ce procédé tout au long du film, usant d’une mise en scène à couper le souffle rendant les attentats proprement effroyables. Steven Spielberg met son savoir-faire technique au service d’une histoire forte en maintenant une réelle tension palpable durant toute la longueur du long-métrage (2h40). Le spectateur est ainsi réellement impliqué par ce qu’il voit.
Munich est servi par un casting international de bonne tenue dans lequel on retrouve au sein de l’équipe chargée des attentats Mathieu Kassovitz, interprétant avec le talent qu’on lui connaît ce faiseur de bombes improvisé, et Daniel Craig, le futur James Bond, qui a vraiment une gueule marquante. L’équipe est donc menée par Eric Bana, vu dernièrement dans les grosses machines Hulk et Troie, qui incarne avec justesse cet homme simple qui va petit à petit évoluer vers un tueur investi d’une mission patriotique. Les seconds rôles sont au diapason et l’on retiendra l’apparition de Michael Lonsdale, assez charismatique dans son rôle de chef d’une cellule de renseignements plein d’ambiguïté. Cette nouvelle œuvre de Steven Spielberg a la force d’être source de débat de par son thème malheureusement toujours au goût du jour et met en exergue le mauvais côté de l’engagement patriotique débouchant sur des luttes absurdes et sans fin, et ce n’est pas l’actualité qui fera démentir cet état de fait. A l’instar des films sortis juste avant lui tels que The Constant Gardener, Lord of war ou bien Jarhead, il adresse également quelques petits pics habiles contre les grandes nations, dont les Etats-Unis. Le film est très réaliste dans l’horreur mais également dans la reconstitution des années 70, notamment de la ville de Paris, ce qui aide aide à l’implication et à l’aspect fictionnel, limite documentaire par moments, de l’ensemble. Munich ébranlera sûrement certains spectateurs dans l’idée qu’ils se font d’une certaine forme de terrorisme et sa vraie puissance réside dans le fait qu’il leur laisse le soin de se faire leur propre idée et d’interpréter les événements dont ils sont témoins. Une oeuvre nécessaire qui résonne dans l’actualité sous forme de sonnette d’alarme pour réfléchir sur l’état actuel des choses et faire prendre conscience de l’absurdité des conflits armés et de la violence aveugle. Une œuvre militante en quelques sortes.
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Publié
le 23/01/2006 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Steven Spielberg lâche une vraie bombe avec Munich, œuvre maîtrisée qui se sert d’un événement marquant du passé pour la faire résonner dans une actualité malheureusement peu différente. |
9/10
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