Plus de 11 ans après sa sortie au Japon, Pompoko, célèbre film d’animation du Studio Ghibli, arrive enfin en France.
Il faut reconnaître qu’en terme de cinéma d’animation japonaise, la France est encore en retard. Mais fort heureusement, la vague de films réalisés par
Hayao Miyazaki (
Mon voisin Totoro,
Le voyage de Chihiro,
Princesse Mononoké), et la sortie de tous ses anciens succès inédits en France ont ouvert la porte à son collaborateur du
Studio Ghibli,
Isao Takahata (
Le tombeau des lucioles) qui s’apprête à ressortir lui aussi toute une série d’animation made in Japan.
Pompoko a donc vu le jour en 1994, entre
Le tombeau des lucioles (son plus franc succès international) et
Mes voisin, les Yamada.
Avant même de se lancer dans
Pompoko, un petit cours de culture japonaise est nécessaire. Tout d’abord, la définition du tanuki : il s’agit d’un petit animal vivant au Japon qui ressemble un peu au raton-laveur. Mais les japonais lui ont aussi attribué une caractéristique fabuleuse : celle de maîtriser le pouvoir de la métamorphose, que possèdent aussi les renards dans les contes nippons. Aux yeux des habitants, les tanukis sont ainsi devenus des animaux espiègles mais qui sont aussi dotés d’une certaine sympathie envers le genre humain. Cependant, la très rapide expansion du Japon et de ses villes a dévasté les forêts où vivaient ces joyeux animaux. C’est dans ce contexte que se déroule l’histoire.
Le film débute avec une voix-off féminine qui nous rappelle les faits. Nous assistons donc à une épopée menée par des animaux étranges, dissimulée sous la forme d’un documentaire. Etrange est un mot bien faible, puisqu’en réalité nous avons affaire à une sous-race de nounours magiques ne pensant qu’à festoyer et à se délecter de toutes sortes de repas. De très bons fêtards insouciants qui profitent de chaque événement pour se lancer dans des nuits folles. Malheureusement, leurs amusements vont devoir rapidement prendre fin : leur territoire sera bientôt envahi par le projet d’urbanisation.
Alors, de tout cœur, ces petits tanukis rigolos vont tous tenter pour faire fuir les hommes de leurs terres. Passant par un entraînement rigoureux de métamorphose, ils devront aussi faire leurs preuves en tant que guerrier. Comme à l’accoutumé, le
Studio Ghibli refuse de prendre son public pour ce qu’il n’est pas, et ne traîne pas une morale lourde et puérile. On assiste donc sans aucune censure aux guerres, aux défaites et à la mort. Mais tout cela est représenté avec une telle fraîcheur, qu’on accepte ces contrariétés, et qu’on finit même par les trouver naturelles.
Le film est sans conteste une œuvre poétique, très humaine, qui ne se termine pas par un happy end à l’américaine, mais qui nous offre tout de même son lot d’émotion. Le réalisateur de cette animation a demandé lors de l’avant-première de ce film de laisser battre son cœur d’enfant en le regardant. Une intervention inutile, car le film réveille par lui-même nos esprits d’antan. Simple et émouvant, Pompoko réussit à nous ramener vers une époque où tout était encore merveilleux : l’enfance.