Quelques mois après le brillant film britannique The Descent, les américains nous donnent leur version du film de monstres sur fond de spéléologie.
Il y a des périodes où des films au thème similaire sortent à quelques temps d’intervalle. Alors que la frayeur procurée par
The Descent est encore toute fraîche dans les mémoires, voici qu’arrive
La Crypte, un film au nom rutilant qui va néanmoins souffrir de la comparaison avec le métrage de
Neil Marshall. Le postulat de départ est simple : une bande de spéléologues investit un réseau de galeries souterraines inconnues pour y faire des recherches mais vont vite être pris à parti par des créatures qui ne veulent visiblement pas d’eux.
La comparaison avec son homologue britannique est fatale dès le début, car là où
The Descent prenait le temps d’installer son histoire et de nous présenter les personnages pour qui nous pouvions ensuite éprouver de la pitié,
Bruce Hunt, dont c’est là le premier film après avoir travaillé sur la seconde équipe de la trilogie
Matrix, nous plonge tout de suite au cœur du problème sans même qu’on ait eu le temps de savoir qui est qui.
La Crypte a les sous en plus (un budget cinq fois supérieur que le film de
Marshall) et les idées en moins. Malgré les moyens, on est bel est bien ici devant une grosse série B dopée à la testostérone où la fragilité des femmes de
The Descent fait grandement défaut.
Bruce Hunt sacrifie tout à l’action et précipite les scènes, rendant quelques unes quasi-incompréhensibles, faisant bouger sa caméra dans tous les sens afin de justifier la pseudo-panique ambiante qui ne distille jamais l’angoisse recherchée et qui est franchement déficitaire dans le gore qu’on est en droit d’attendre d’un tel film. Contrairement au film britannique où les monstres étaient effrayants par leur aspect quasi-humains, on a droit ici à un ersatz croisé entre Alien et Predator, plutôt joli mais déjà vu et revu.
Les scénaristes ont visiblement été peu inspirés, le film se résumant aux figures du genre, avec engueulades et séparations prévisibles à la clé. Les acteurs ne croient pas une seule seconde à ce qu’il joue, il suffit de voir leur mine ébahie pour s’en convaincre, notamment
Cole Hauser qui a l’air de se demander pourquoi il a écopé du rôle de l’homme contaminé par un parasite étrange, entraînant en lui une mutation l’obligeant à porter de belles lentilles afin de rendre son regard « inquiétant ». Ajoutez à cela une fin ouverte des plus bêtes qu’il ait été donnée de voir depuis un moment et l’on se demande ce que tout le monde est allé faire dans cette galère. Mais bon, tout n’est pas mauvais quand même et il faut reconnaître une certaine application sur le plan visuel grâce à de belles scènes sous-marines et à un décor assez fascinant, malheureusement sous-exploité. Malgré quelques scènes un peu foutoir, il faut reconnaître que
Bruce Hunt connaît déjà le sens du mot efficacité propre aux gros blockbusters hollywoodiens et il faut dire qu’on ne s’ennuie pratiquement pas, notamment lors de la scène finale assez bien emballée. Quelques mois après un The Descent d’un tout autre calibre, il est bien difficile d’excuser tous les défauts d’architecture de cette crypte, qui brasse beaucoup de vent au lieu de nous effrayer. « N’y descendez jamais » dit l’affiche, et elle n’a pas tout à fait tort…