Critique : Good Night, and Good Luck.

Critique : Good Night, and Good Luck.

Good night and good luck, bonsoir et bonne chance. Tel était la formule qu’employait Edward R. Murrow pour clôturer chacune de ses émissions télévisées. Mais c’est aussi le titre du nouveau film de George Clooney, qui nous raconte comment se sont déroulées plusieurs émissions de la CBS qui montraient du doigt l’injustice qui prônait lors des procès liés au McCarthysme (loi datant des années 50, qui excluait du territoire américain tout individu qui était suspecté communiste).


Si le premier long-métrage de George Clooney (Confessions d’un homme dangereux) était plutôt adapté au grand public, ce second film, lui, ne propose pas le divertissement auquel on pourrait s’attendre. Le ton est très sobre (tout comme l’image, en noir et blanc), et on nous rapporte les faits sans faire d’état d’âme. Le but n’est donc pas de nous émouvoir. Au final, on tombe sur un documentaire raconté telle une fiction, avec son lot de personnages, son héros (le présentateur télé), et son grand ennemi (le sénateur McCarthy).

Good Night, Good Luck.
Dans les premières minutes, on se trouve en plein milieu d’une époque oubliée (surtout pour les non-américains) avec une flopée de personnage que l’on a jamais vu. Il faut bien une quinzaine de minutes pour remettre tout le monde à sa place, et surtout, pour situer le personnage principal. Mais en réalité, ce qui nous perturbe le plus n’est pas le nombre important de personnages qui nous est présenté, mais le simple fait que l’on ne nous détaille presque jamais rien sur eux, sur leurs vies privées, sur leurs motivations, ou sur leurs passés. On ne dévie jamais du sujet principal.

Good Night, Good Luck.
Et pour donner une allure plus objective à son récit, George Clooney a réduit son film à une unité de lieu : le studio d’enregistrement de la CBS. Grâce à ce stratagème, il parvient à donner un côté très réaliste à cet univers si particulier : on se retrouve enfermé dans le même studio que les personnages, leur stress nous est communiqué, et les grands moments du direct sont particulièrement bien mis en valeur. Mais le récit trouve toute sa profondeur dans ses images d’archive. On y découvre, toujours en noir et blanc, des images de procès assez surréalistes, où le fameux sénateur profite de son haut pouvoir pour bafouer tous les droits constitutionnels.

Le film finit sur la chute du sénateur, mais aussi sur celle de l’émission qui l’a accusé durant tout ce temps. Et comme pour respecter le travail fait sur le réalisme, cette fin n’offre pas son lot d’émotion, et l’on ne voit pas les dernières émissions que doit présenter Edward R. Murrow. Le film se termine aussi plat qu’il a commencé, et sa courte durée nous donne l’impression d’avoir assisté à un sujet reportage digne d’ARTE.
 
Publié le 08/01/2006 par Robert Ly

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Verdict
George Clooney nous offre un film au style documentaire parfaitement assumé. Il s’agit bien là d’un film d’auteur, et de rien d’autre.
7/10



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