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Critique : Viva Zapatero ! |
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Véritable réquisitoire contre Berlusconi, Viva Zapatero ! assassine méthodiquement un gouvernement aux dérives fascistes plus que préoccupantes.
Interdit de diffusion en Italie, sauf au festival de Venise où il s’est taillé une petite réputation, Viva Zapatero ! s’invite en France. Sorti également en Espagne, en Suisse et programmé pour une sortie belge imminente, le film sonne comme un cri d’alarme, presque de désespoir de la part de Sabina Guzzanti, réalisatrice, productrice et scénariste d’une œuvre qu’elle a porté à bout de bras. Créatrice d’une émission satirique en Italie, la jeune femme avait vu son émission retirée de l’antenne pour cause de « propos vulgaires » et d’« insultes répétées au Premier Ministre ». Commence alors pour elle un véritable parcours du combattant pour faire accepter le retour de son programme (intitulé « Raiot », un jeu de mot formé du nom de la chaîne italienne Rai et de l’anglais « riot » signifiant « rébellion »). Mais Sabina Guzzanti n’est pas idiote et comprend vite qu’elle est tombée sous le coup d’une injustice contre laquelle les tribunaux ne peuvent rien : la censure gouvernementale, premier pas vers l’anti-démocratisation d’un pays.
C’est avec la rage du désespoir que Sabina Guzzanti s’est lancée dans cette aventure. Déterminée, imperturbable, caméra au poing, elle affronte un par un les intermédiaires du pouvoir pour tenter de comprendre, ou plutôt pour tenter de faire admettre ce que personne ne veut avouer alors que tout le monde le sait. Si tous les médias sont aux mains de Berlusconi, la liberté de presse n’existe plus. Voir les scènes bouleversantes de ces journalistes muselés, attaqués en justice, démis de leurs fonctions du jour au lendemain. Ou celles aberrantes, où l’on reproche à « la Guzzanti » de mélanger la comédie et la politique. « Tu es une actrice, fais l’actrice ! ».
Il serait en réalité bien difficile de ne parler de Viva Zapatero ! en conservant un strict point de vue cinéphile. Formellement, le film ne souffre d’aucun défaut majeur et bénéficie même d’une mise en scène assez intelligente et d’une voix off efficace sans être redondante comme elle a tendance à l’être parfois dans ce genre d’œuvres. Peut-être le montage aurait-il gagné à être plus rigoureux mais qu’importe, le contenu se montre si fin et l’argumentation si irréprochable que les quelques défauts de rythme ne ternissent en rien le propos de la réalisatrice. Puissant, ravageur, celui-ci n’évite évidemment pas la comparaison (facile) avec les films de Michael Moore. Mais là où le côté bulldozer du réalisateur à casquette lui faisait perdre un peu de crédibilité, l’italienne oppose un style unique fait de sarcasmes amers et d’une lucidité préoccupée. Au jeu du documentaire brûlot, c’est elle qui remporte la Palme. Viva Sabina !
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Publié
le 29/12/2005 par Sabine Garcia
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| Verdict |
Croisement improbable entre l’agressivité d’un Michael Moore et l’ironie des one man show de Roberto Benigni, Viva Zapatero ! est un documentaire d’une rare intelligence… et réellement effrayant. Absolument indispensable. |
8/10
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