Après les succès du Seigneur des anneaux et de Harry Potter, Disney nous livre son grand film fantastique épique.
Des trois grands films de fin d‘année 2005, Le Monde de Narnia : chapitre 1 - le lion, la sorcière blanche et l'armoire magique est sans conteste celui qui aura eu le moins d’écho avant sa sortie, du moins en France où l’œuvre de C.S. Lewis n’est pas aussi connue que celles de J.K. Rowling ou de Tolkien. Il reste néanmoins que l’ouvrage est un très grand succès de la littérature enfantine dans le monde entier. Nous suivons donc Lucie, Edmond, Peter et Susan, quatre enfants qui sont envoyés à la campagne à cause de la guerre mondiale qui fait rage. Alors qu’ils s’amusent à cache-cache, Lucie découvre dans une armoire un passage menant à un monde peuplé d’animaux plongé dans un hiver éternel : Narnia. Amenant ses frères et sœurs avec elle, elle va emmener la petite famille dans une aventure périlleuse où leur rôle va être important : mener la guerre contre la Sorcière Blanche afin de faire revenir la paix.
Disons-le d’emblée, le film de Andrew Adamson part avec un handicap certain : celui d’arriver après la saga du Seigneur des anneaux duquel on ne peut le dissocier tant de nombreux éléments rapprochent les deux œuvres. Pourtant ici, c’est l’adaptation d’un livre destiné principalement aux enfants donc tout y est beaucoup plus coloré et fantaisiste. En chassant les images de l’œuvre de Peter Jackson et en acceptant le fait que le film est prioritairement destiné aux plus jeunes ou aux amateurs de magie Disney, Le Monde de Narnia se révèle être un film d’aventure fantastique plutôt réussi. A l’instar du livre de C.S. Lewis, l’histoire est assez simpliste et le scénario ne s’embarrasse point de fioritures. Les péripéties se succèdent jusqu’à la bataille finale sans réelles surprises mais sont assez bien emballées pour qu’on ne s’ennuie pas. Le point fort du film vient de ses effets visuels, tous saisissants, réalisés par ILM, Weta Digital, KNB EFX Group et Rythm & Hues, rien que ça ! L’association de ces compagnies chevronnées fait des merveilles dans ce monde aux bestiaires variés et crédibles. L’animation des animaux est exemplaire et sans failles, les rendant tout de suite consistants. Même lorsque ceux-ci prennent la parole, point de défaut, tout est parfaitement exécuté et ces animaux digitaux se permettent même d’être pratiquement plus intéressants que les acteurs réels, grâce à des dialogues bien sentis avec quelques pics d’humour irrésistibles.
Là où le bât blesse, c’est du côté de la réalisation de Andrew Adamson, dont c’est le premier film réel faut-il le rappeler. Il s’étale par moments là où ne c’est pas forcément nécessaire et expédie par contre quelques scènes importantes. Il opte pour une mise en scène appliquée mais trop mécanique, et malheureusement sans réel souffle épique, ce qui se fait grandement ressentir lors de la bataille finale, qui recèle pourtant quelques éléments inédits bienvenus. Il faut tout de même reconnaître une certaine maîtrise technique de cette logistique qui arrive à être assez impressionnante lors de certaines scènes. L’interprétation des jeunes enfants est malheureusement assez plate, notamment celle de William Moseley, qui n’a pas été aidé il est vrai par l’évolution psychologique des enfants faite à la va-vite (ils passent d’enfants fragiles à meneurs de troupes en un rien de temps). Tilda Swinton, quant à elle, s’en sort plutôt bien en sorcière maléfique et arrive à dégager le minimum de charisme nécessaire pour être un élément de crainte. La force et donc également la faiblesse du film est qu’il pourra rassembler les gens de tous âges voulant assister à un film d’aventure assez fidèle aux critères Disney.
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