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Critique : King Kong |
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Après la trilogie du Seigneur des Anneaux, Peter Jackson continue d’imposer sa volonté aux studios hollywoodiens avec son ambitieux remake de King Kong.
Peter Jackson avait à cœur depuis des années de réaliser son remake de King Kong. Après le succès monstre de la trilogie du Seigneur des Anneaux, sa femme Fran Walsh et lui ont pu produire l’un des films les plus chers de l’histoire mais qui reste avant tout l’envie d’un auteur. Pour cet hommage à l’équipe originelle, hors de question de faire une adaptation contemporaine comme ce que fut Godzilla. L’intrigue initiale est donc reprise, au nom du bateau près. En 1933, Ann Darow fait face à la fermeture du music-hall dans lequel elle jouait. Elle rencontre Carl Denham, réalisateur bourré d’ambitions mais au talent douteux qui cherche une actrice pour jouer dans son nouveau projet fou. Les deux embarquent avec toute une équipe vers une île mystérieuse où doit se finir le tournage. La jeune actrice tombe amoureuse de Jack Driscoll, le scénariste embarqué involontairement (il était second du navire dans le film original). Arrivée sur l’île, l’équipe se retrouve nez à nez avec un gorille de huit mètres appelé Kong. Le personnage de King Kong est bien sûr l’occasion de réfléchir sur la part de bestialité chez l’homme et de sentiments dits humains chez les animaux. Si l’intrigue est identique à l’original, on retrouve dans le ton tout le talent de Peter Jackson. Il agrémente les dialogues de son humour atypique. Lorsqu’il s’écarte de son modèle, c’est le plus souvent pour y faire référence de manière ironique par la suite. Le tout fait penser à une œuvre absolument personnelle de Peter Jackson, son faux documentaire Forgotten Silver, où l’on découvrait un réalisateur néo-zélandais (imaginé par Jackson) ayant créé le cinéma avant tout le monde, bourré d’ambitions et où l’on découvrait les ruines de ce pays. Le casting se révèle par ailleurs excellent, notamment Jack Black surprenant en contrepoint.
Véritable film d’auteur, King Kong est totalement maîtrisé par son réalisateur et sa caméra virevoltante. Il prend son temps pour poser son récit. Il prend plaisir à reconstituer la vie des années 30, aidé par une photographie impeccable. Cette très sympathique mise en bouche laisse ensuite place au voyage en bateau où se tisse la romance entre Ann Darow et Jack Driscoll. Ce début serait parfait pour n’importe quel film mais ne fait figure que d’échauffement ici. Si que les scènes sentimentales ne rebutent pas Peter Jackson (cf certaines scènes du Seigneur des Anneaux ou Créatures Célestes), on retrouve dès l’arrivée sur l’île l’auteur de films cultes comme Braindead ou Bad Taste. Les séquences s’y découpent en plusieurs genres. Il nous livre tout d’abord un film d’aventure à l’ancienne où les situations improbables s’enchaînent jouant la surenchère. C’est avec plaisir que l’on retrouve ce genre un peu tombé en désuétude ces dernières années et qui n’avait pas retrouvé de représentants vraiment marquants depuis Indiana Jones. Ces scènes mettent en valeur l’équipage et son capitaine merveilleusement stylisé. Ces aventuriers affronteront également des dinosaures peuplant Skull Island ce qui donne lieu à d’impressionnantes bataille entre animaux. Ne les cadrant que rarement en pied et avec un montage assez rapide, Peter Jackson donne une animation à ces scènes d’action qui forcent le respect. La brutalité et la cruauté bestiale ne furent que rarement représentées de manière aussi frappante. On reste scotché à son fauteuil. Il se permet même quelques incartades vers le film d’horreur ou ce qu’on pourrait appeler le gore animalier. Si King Kong fait partie de ces scènes qui expriment la bestialité, sa dualité lui donne une autre ampleur. Son amour pour Ann donne lieu à de très beaux moments de cinéma. La relation s’exprimant de manière muette nous touche très profondément et crée une vraie poésie, s’appuyant sur de très jolies musiques en partie tirées de l’original. King Kong est une nouvelle preuve que le cinéma n’est jamais aussi fort que lorsque qu’il s'arrête de parler.
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Publié
le 14/12/2005 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
King Kong est un film d'une beauté extrême, à l'humour intelligent et aux scènes d'action surprenantes. Une œuvre majeure du septième art. Merci Monsieur Jackson. |
10/10
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