Bienvenue à Philadelfoon, le monde fait de foons et de pas foons qui n’ont qu’une seule idée en tête : le bal de fin d’année du lycée.
Alors que tous les journalistes qui se sont rendus à la projection presse sont à 90 % d’accord sur le fait que le film est un nanar sans nom, nous avons de notre côté attendu sagement la sortie en salles pour aller voir ce « chef d’œuvre » annoncé. A la fin de la projection, deux constatations : le film n’est effectivement pas très bon, mais quand même moins mauvais que ce qu’on a pu en dire. Bon alors, que veut dire « Foon » ? C’est simplement la contraction des mots fun et cool, qualités qu’ont donc les jeunes « Foon » et que n’ont pas les « pas Foon », jusque là c’est assez logique. Depuis toujours, la directrice laisse les Foon faire leur loi dans le lycée et être les stars du bal de fin d‘année. Mais un événement va bouleverser cet ordre établi.
Il faut noter à la décharge des Quiches que c’est là leur premier long-métrage et le choix de faire celui-ci intégralement dans des dialogues franglais, mixant donc le français et l‘anglais, est un pari audacieux et casse-gueule. Le côté casse-gueule de l’entreprise est tout de suite confirmé par des dialogues surprenants au premier abord, mais qui se laissent apprivoiser par ceux qui ont des bases d’anglais dans leur vocabulaire, même si cette spécificité fait que par moment certaines répliques sont difficilement compréhensibles. Mais bon, Les Quiches, en usant de ce système tout au long du film montrent qu’ils l’assument parfaitement et ne cherchent pas forcément à en faire un élément comique mais instaurent plutôt un langage propre à ce film auquel on adhère ou pas. Alors oui, le film n’est finalement pas souvent drôle mais était-ce vraiment le but ? On sent plutôt que Les Quiches veulent, par le biais de ce film, faire une sorte de parodie-hommage à certains films qu’ils aiment en instaurant quelques références sympathiques, allant de Grease à Carrie (dans une scène plutôt bien sentie).
Le film, grâce à ses décors et costumes soignés, nous plonge agréablement au temps des 60’s et fleure bon la comédie musicale à l’américaine d’antan, bien aidée en cela par des passages chantés plutôt sympathiques assez bien chorégraphiés. Les Quiches ne reculent pas devant une certaine vulgarité, mais toujours maîtrisée, notamment lors de quelques passages chantés et opèrent quelques changements de tons qui ont de quoi décontenancer. Les personnages sont tous hyper-caricaturaux et la mise en scène est bien plate, il faut le reconnaître, et un méchant manque de rythme se fait ressentir, ce qui est dommage pour un film de 1h20. Le scénario est également assez maigrichon, voir tiré par les cheveux et les retournements de situation ne sont pas très crédibles. Sinon, on ne peut pas enlever quelques originalités qui s’intègrent parfaitement dans l’univers instauré, du passage en roman photo à l’eau de rose jusqu’à un autre en noir et blanc bien granuleux avec de gros panneaux en guise de dialogues, comme au début du XXème siècle, que tout cinéphile pourra apprécier. Le risque pris par Les Quiches et l’évident désir d’originalité afin de renouveler le visage de la comédie française est visiblement bien difficile à appliquer et trop bancal pour être satisfaisant, mais le film n’est quand même pas le navet annoncé un peu partout non plus.
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