Pour sa quatrième année au collège de Poudlard, notre jeune magicien Harry Potter va avoir fort à faire dans cet épisode intéressant à plus d’un titre, issu du roman très fourni de J.K. Rowling (plus de 700 pages). Il va non seulement s’éveiller aux premiers émois amoureux mais va également devoir affronter trois épreuves mortelles avant de se retrouver face à son plus grand ennemi, l’homme qui a tué ses parents, Lord V.
On attendait beaucoup du quatrième volet de la saga Harry Potter et, en ce sens, nous pouvons dire que notre attente est belle et bien récompensée. Le scénario est foisonnant et joue à la fois sur la drôlerie, la découverte de l’adolescence mais aussi sur le côté macabre que peut révéler l’art de la magie. Cette grande diversité de ton est due essentiellement au choix du réalisateur Mike Newell qui a su s’imposer dans des films aussi différents Quatre mariages et un enterrement ou Donnie Brasco.
Le film débute par un cauchemar de Harry qui va amplifier la douleur de sa réputée cicatrice. Il se poursuit par la coupe du monde de Quidditch dans laquelle les mangemorts viennent faire leur apparition. Pour l’instant, la confusion règne encore dans l’esprit du spectateur, d’autant plus que l’épisode de la coupe du monde est quelque peu expédié. On s’intéresse davantage au film lorsque l’on rentre dans le vif du sujet c’est-à-dire au moment de la coupe de feu. Celle-ci est censée réunir les plus grands représentants de trois écoles de sorciers, celle exclusivement féminine de l’Académie de magie Beauxbâtons, celle de Durmstrang et enfin celle de Poudlard. Après avoir jeté sa participation sur papier, c’est la coupe elle-même qui désigne les élèves plus aptes à gagner le trophée. Seulement voilà, la coupe désigne un quatrième concurrent qui n’a pas l’âge requis pour participer au tournoi, Harry Potter. Qui a pu jeter le nom du jeune apprenti dans la Coupe, voulant ainsi le confronter à la mort ?
Outre un départ un peu longuet et une baisse de tension à mi-chemin, le film arrive à nous happer et ne nous lâche plus jusqu’à la magnifique scène finale, là où Newell voulait insidieusement nous amener, et dans laquelle toute la noirceur et l’inquiétante présence de la mort viennent rôder. Il faut aussi noter que les trois épreuves sont spectaculairement mises en scène. La première, celle de la dragonne à queue hérissée à laquelle il faut, au seul moyen de son balai et son bâton, faire face afin de lui dérober son œuf d’argent, promesse d’un indice pour la seconde étape, est particulièrement merveilleuse et rendra aux plus anciens leur âme d’enfant. La seconde, consistant à plonger dans le lac noir pour y retrouver la personne que chacun des participants a le plus aimée est également très efficace, bien que moins impressionnante que la précédente. Enfin, la troisième consiste à trouver la coupe dans un labyrinthe mangeur d’hommes assez effrayant, qui inaugure par cette angoisse la merveilleuse dernière demi-heure.
Entre ces épreuves, le bal de Noël permettra au spectateur de ne pas s’ennuyer, les décors étant absolument splendides tandis que l’enjeu qui se joue ici (la recherche de partenaire) nous réserve bien des surprises alors qu’il est tout nouveau pour nos héros. Toute cette partie est menée avec humour et l’on pourra même voir le personnage de Rubeus Hagrid tomber amoureux. On le comprend, cette quatrième partie des aventures d’Harry Potter à l’écran a tout ce qu’il faut pour qu’on soit satisfait du spectacle. On regrettera seulement que, malgré son savoir faire, Mike Newell n’ait pu égaler la magnifique réalisation de l’opus précédent réalisé par Alfonso Cuaron, qui avait su donner à Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban un petit plus personnel qui rendait le film plus qu’agréable, une vraie oeuvre de cinéphile. On constatera également que, malgré son investissement personnel dans les scènes du tournoi, Daniel Radcliffe reste assez pâlichon et en fait le minimum côté interprétation.
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