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Critique : Lady Vengeance |
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Park Chan-Wook, récompensé par la Palme d’Or à Cannes en 2004 pour Old Boy, revient ! Sa trilogie de la violence avait commencé par Sympathy for Mister Vengeance. Aujourd’hui, elle s’achève en apothéose avec Lady Vengeance !
Malgré son titre (Sympathy for Lady Vengeance à l’origine), ce nouveau film n’est en rien une séquelle de son pendant masculin. Après l’horreur réaliste du premier volet et la brutalité fantasmée du second, Park Chan-Wook joue donc déjà à perdre son spectateur dans les références, pour mieux le surprendre… Il nous invite à suivre Lee Geum- Ja, à sa sortie de prison. Elle a été emprisonnée à 19 ans pour le kidnapping et le meurtre d’un enfant de 5 ans. Repentie pendant sa peine, elle sort 13 ans plus tard avec comme seule idée ruminée pendant tout ce temps : se venger de Mr. Baek, homme qui a commis le crime. Le scénario semble être le digne successeur de ces violentes histoires de vengeance que le coréen nous a racontées jusqu'ici. Très vite pourtant, on perd de vue l’intrigue pour se plonger dans une galerie de portraits des prisonnières qui vivaient avec Geum-Ja pendant son incarcération. Toutes plus étranges les unes que les autres, on est heureux de faire leur connaissance et on attend impatiemment la prochaine à venir tant ces scènes sont savoureuses. Au cours de ces flash-back, on découvre l’ambivalence qui règne chez l’héroïne principale, aussi bien appelée « Geum-Ja au grand cœur » que « Sorcière ». Ce personnage se révélera riche, profondément faible et triste, tout en étant violent et classieux. Elle semble tout le temps en décalage par rapport à l’univers que crée Park Chan-Wook. Même si certains moments de cruauté restent à la limite de l’insoutenable, ou d’autres foncièrement tristes, cet univers se différencie nettement des deux premiers films par son ton. En effet, le scénario se révèle peu à peu être une comédie noire jouissive. Le sadisme est poussé jusqu’à l’absurde avec une efficacité impressionnante.
Si Park Chan-Wook a totalement renouvelé le ton, du point de vue formel il garde toute sa maestria. Il s’appuie toujours principalement sur de courts plans-séquences où son sens du (dé)cadrage impressionne tout autant que la superbe photo. Son travail sur la temporalité, déjà commencé par des montages parallèles dans Old boy, s’affirme une fois encore avec d’habituels flash-back, mais aussi des scènes plus expérimentales. Il place à certains passages les images d’une scène et le son d’une autre, donnant une importance essentielle à la bande-son et une seconde temporalité dans un même temps. Il garde aussi une affection pour ces raccords truqués en volet, qui ne fonctionnent toujours pas… Toutefois, son style est nettement plus affiné que dans son court métrage pour 3 extrêmes, qui laissait augurer du pire. La violence attendue est présente, mais de manière différente. Le choc visuel est remplacé par un couple entre le second degré et la torture psychologique, étrangement harmonieux dans ce film.
Avec Lady Vengeance, Park Chan-Wook a donc radicalement changé de ton. Sa trilogie de la violence ne perd pas au change, évitant ainsi les redites et gagnant une œuvre maîtrisée, où sadisme jouissif et dureté se mêlent sous la tutelle de l’impeccable réalisation du coréen.
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Publié
le 25/11/2005 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
Cruellement jouissif, Park Chan-Wook se lâche dans le second degré, le sadisme souriant et l’humour noir, et le spectateur suit ! |
8/10
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