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Critique : Saw |
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Deux hommes enfermés dans une salle lugubre. L’un d’eux doit tuer l’autre dans les heures qui suivent, sinon les deux meurent…
C’est sur cette intrigue accrocheuse que débute le thriller démoniaque Saw. L’atmosphère nous rappelle tout de suite Cube, le film mathématique de Vincenzo Natali. Ici, le monde semble confiné à un bout de salle de bain et à deux personnages étrangement ordinaires. Mais surtout, rien n’est expliqué. Pourquoi ? Comment ? Ces questions cognent fort dans nos têtes et le film, dans un sadisme parfait, nous laisse patauger dans la même boue que nos deux comédiens. Et puis soudain, pouf, la tension tombe d’un coup. Le monde s’ouvre, et le micro univers s’effondre. Plus de mystère. Ce piège mortel n’est que l’œuvre d’un psychopathe qui multiplie les jeux mortels de ce genre. La police est déjà sur le coup. La liste des suspects s’allonge et on revient très vite au thriller traditionnel.
Pourtant, Saw continue à retenir notre attention. Pourquoi ? Peut-être parce que certains acteurs jouent bien leur rôle : Danny Glover (L’arme fatale) et Ken Leung (habitué aux petits rôles, on le voit dans Vanilla Sky, Rush Hour ou Spy game) forment un formidable duo de policier. Il y a aussi ces fameuses scènes de tortures magnifiquement chorégraphiées. La peur se confond dans le fluide temporel à travers une photographie et un montage minutieux. L’absence de propre se déteint dans nos pupilles : on est envoûté.
Oui, ce film est une apologie de la violence gratuite. Le réalisateur a pris un plaisir sadique à nous inventer des massacres aussi inventifs que sanglants. C’est là que se pose le premier problème. On a très vite l’impression que le film n’est qu’un prétexte à nous montrer ces scènes. Même le grand méchant du film n’existe que pour ses pulsions meurtrières. Alors forcément, tout le reste s’effrite… Et le second problème, c’est qu’en sortant de la salle, on a malheureusement le réflexe de se repasser le film en tête. Erreur. Soudainement Saw devient une accumulation de défaut, d’illogisme, de contradiction. Peut-être que le film aurait gagné à se passer de sa révélation finale, qui nous gobe le film tout entier et ne nous lâche même pas les os.
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Publié
le 22/06/2005 par Robert Ly
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| Verdict |
Malgré des défauts de scénario apparents, le film nous tient assez bien en haleine. Dans l’obscurité des salles, on ne peut qu’être captivé : on n’ose détourner le regard de peur de manquer le détail qui tue, celui qui donnera un sens à ce puzzle. A condition d’avoir le cœur assez solide pour suivre les innombrables scènes de tortures sans sourciller. |
7/10
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