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Critique : In Her Shoes |
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Cameron Diaz et Toni Collette sont deux sœurs qui n’ont pas grand-chose en commun et qui doivent faire face à un passé familial pour le moins dramatique.
Il y a des films assez mal vendus, que ce soit par leur bande-annonce, leur affiche ou leur synopsis. Pour ce In Her Shoes, s’il ne fallait se fier qu’à la simple bande-annonce, on pourrait penser avoir droit à une comédie bien bateau et bien gnangnan, que peut confirmer la lecture du synopsis ou une affiche à l’accroche assez pauvre : « 2 sœurs, rien en commun… sauf leur pointure ». Mais c’est oublier que le film est réalisé par Curtis Hanson, à qui l’on doit tout de même L.A. Confidential. Nous voici donc au cœur de l’histoire de ces deux sœurs que tout oppose. Maggie est une jeune femme au physique à faire tomber les hommes et pense pouvoir réussir grâce à lui, elle, qui a des difficultés pour lire, persuadée de n’avoir aucun talent intellectuel et qui n’arrive pas à garder un travail bien longtemps. De l’autre côté, il y a Rose, brillante avocate, bosseuse, mais dont les variations de poids en font une femme peu sûre d’elle quand il s’agit d’aborder des relations amoureuses. Suite à une nuit un peu trop arrosée, Maggie se fait virer du logement familial par sa belle-mère et, malgré elle, Rose va l’accueillir quelques temps. La cohabitation ne va pas durer très longtemps, car un soir, un inévitable clash éclate et Maggie se fait de nouveau virer. En retournant chez ses parents récupérer des affaires, elle va faire une étonnante découverte sur son passé et s’apercevoir qu’elle a une grand-mère qui vit quelque part. Elle part aussitôt à sa rencontre et va essayer de mettre un peu d’ordre dans sa vie.
Rien de bien original dans le scénario me direz vous ? C’est vrai, l’histoire est simple, les situations sont convenues et les thèmes, déjà abordés souvent au cinéma, sont traités sans réelle originalité : la rédemption, la famille, l’amour…Nous ne sommes donc pas ici devant une comédie à proprement parler, car le film ne déclenche jamais de véritables rires, mais plutôt devant une chronique douce-amère des relations dépeintes avec justesse qui savent toucher le spectateur sans toutefois le prendre pour un imbécile. Curtis Hanson a la bonne idée de prendre son temps pour filmer cette chronique familiale sans se sentir obligé d’enchaîner des scènes trop efficaces, mais se contente de relater cette histoire le plus simplement, sans artifices. Il est vrai que la manière relèvera presque de la flemmardise pour certains, notamment dans le cœur du film un peu à rallonge, mais l’œuvre se laisse agréablement regarder grâce à la composition de ses interprètes. Les personnages ont ici une psychologie un peu plus épaisse qu’un film à l’eau de rose lambda et sont incarnés par des acteurs vraiment attachants, car très proches de la réalité.
Cameron Diaz montre ici qu’elle sait faire autre chose que d’être un alibi sexuel pour le film, bien que Curtis Hanson lui consacre plusieurs scènes dans des tenues affriolantes qui sont tout à fait en adéquation avec le personnage, et montre ici qu’elle est parfaitement dans le ton lorsqu’il s’agit de jouer dans le registre dramatique, jouant des scènes qui auraient pourtant pu être très délicates. Elle prouve qu’elle a plusieurs belles facettes dans son jeu et fait preuve d’une aisance tout à fait plaisante sans tomber dans la lourdeur ni la caricature. Toni Collette, elle, est une actrice qui a déjà fait ses preuves dans des rôles tragiques et réalise ici une interprétation vraiment touchante, pleine de fragilité. Lors de la seconde partie du film, quand Maggie se réfugie chez sa grand-mère dans un centre pour personnes âgées huppées, la rencontre qu’elle fait avec Shirley MacLaine est savoureuse. Celle-ci se révèle très a son aise dans son rôle de grand-mère tourmentée par son passé, étant tantôt dans le doute, tantôt forte. C’est dans cette seconde partie que se trouvent également quelques scènes savoureuses lorsque l’apparition de Maggie fait l’effet d’une bombe auprès de la gent masculine du troisième âge qui n’en demandait pas tant! Les seconds rôles sont d’ailleurs tous assez bien écrits et interprétés, notamment la savoureuse grand-mère confidente de Shirley MacLaine, qui nous abreuve de certaines répliques bien piquantes.
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Publié
le 22/11/2005 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Un film qui emprunte les éléments d'une histoire à l’eau de rose sans jamais sombrer dans ses clichés, bien aidé en cela par l’interprétation convaincante de Cameron Diaz et Toni Collette qui dressent ici deux portraits de femmes assez touchants. |
7/10
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