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Critique : Combien tu m'aimes ? |
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Dire que Combien tu m’aimes ? est une déception serait un doux euphémisme. Tout semblait pourtant concorder pour faire de ce film un grand film, ou tout du moins un bon Bertrand Blier, ce qui n’est tout de même pas peu dire ! C’est malheureusement raté pour cette fois.
Et pourtant tout était là, à commencer par ce sujet sulfureux et décalé. Mais rien ne colle. Bertrand Blier dit avoir écrit ce film pour Monica Bellucci. On veut bien le croire, et de toutes façons, l’actrice est quasiment de tous les plans. C’est d’ailleurs peut-être là que réside l’une des plus graves erreurs du cinéaste. Filmée sous tous les angles, mise exagérément en valeur, l’actrice perd son sex-appeal à force de n’être filmée que comme un bout de viande. Un comble ! De plus, Bellucci elle-même, semblant ne pas s’apercevoir du traitement que lui réserve cette caméra racoleuse, en rajoute dans son jeu qui en devient caricatural. Elle multiplie les poses lascives, les mouvements de jambes, les clins d’œils si artificiels qu’ils en deviennent grossiers. Une erreur fatale car l’histoire est basée sur le fait que cette femme n’a strictement besoin de rien pour pouvoir séduire un homme. Et surtout pas de ces mimiques désespérantes. Autre erreur : avoir mis dans la bouche de cette femme si glamour des phrases d’une telle vulgarité. On croit rêver lorsqu’on entend ce symbole de la féminité se défendre de rester avec un homme brutal « parce qu’il en a une très grosse ». Et l’accent italien n’arrange rien. Monica Bellucci n’a tout simplement pas (encore ? ) assez d’envergure pour pouvoir se détacher de son image.
Mais ne lui jetons pas la pierre : aucun des acteurs de ce film ne semblent être à leur place, à commencer par Bernard Campan, qui semble tellement éberlué de pouvoir toucher la belle italienne qu’il en oublie son jeu d’habitude si subtil. Seul Gérard Depardieu tire étonnamment son épingle du jeu dans un rôle auquel il arrive à donner une épaisseur et un charisme… Un peu envahissants pour ses partenaires de jeu ! Mention également à la petite Sara Forestier qui se tire très bien d’une scène grotesque et inutile.
Pourquoi cet échec pour des acteurs tous talentueux habituellement mais ici tous absents ? Probablement parce que le scénario n’est pas à la hauteur de son sujet, ni de ses personnages. Hésitant entre plusieurs genres, le film passe maladroitement de la comédie burlesque au drame noir et à la romance niaise. Perdus dans cet improbable imbroglio, les personnages ne sont jamais crédibles. Le personnage de Bernard Campan, qui devrait être le point de repère du spectateur, est animé par des sentiments que l’on ne comprend pas, et pire encore, ses réactions nous semblent toujours parfaitement déplacées. Les répliques de Bertrand Blier n’ont rien perdu de leur mordant et de leur impertinence (voir un échange vraiment drôle entre Monica Bellucci et Farida Rahouadj) mais ils atteignent rarement leur cible. Au final, le film se clôt dans un gigantesque déferlement de n’importe quoi, où paradoxalement le film devient intéressant, car il laisse exploser une folie réjouissante que l’on aurait volontiers retrouvée dans l’œuvre dans son ensemble.
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Publié
le 10/11/2005 par Sabine Garcia
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| Verdict |
Une grande, une immense déception de la part de celui qui fut l’un des plus scénaristes français. |
5/10
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