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Critique : Flight plan |
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Jodie Foster a perdu sa fille dans un avion dont le personnel et les passagers disent ne jamais l’avoir vu à ses côtés. Aurait-elle perdu la tête ?
Sur le papier, Flight plan a tout de quoi faire saliver. Tout d’abord, on va enfin pouvoir retrouver Jodie Foster dans un thriller depuis l’excellent Panic Room. Ensuite, l’idée de départ a de quoi nous réserver bon nombre de mystères, de tension et de surprises. Il est donc ici question de Kyle Pratt, femme fraîchement en deuil depuis le décès tragique de son mari. Elle décide de quitter l’Allemagne où elle travaille pour rejoindre les Etats-Unis en avion avec sa fille, Julia, en rapatriant le cercueil de son époux. Une fois dans l’avion, elle s’assoupit un moment et, à son réveil, s’aperçoit de l’absence de sa fille. Elle va alors se mettre à sa recherche, en vain. Elle s‘adresse alors au personnel de bord qui lui dit que la jeune fille n’est jamais montée dans l’avion. Persuadée que celle-ci était bien avec elle, elle va tout mettre en oeuvre pour tenter de la retrouver tandis que tout le monde pense qu’elle est folle.
Un sujet donc plutôt intéressant pour ce qui est finalement un faux bon film. L’histoire de cette femme déterminée n’est que trop rarement prenante et intrigante, la faute à un scénario bateau qui ne fait que recycler ce qui a été déjà vu mille fois dans tout thriller hollywoodien lambda qui se respecte. Le déroulement de l’histoire est fait de ressorts usés qui ne surprennent plus. On est là seulement devant un travail par moments efficace et appliqué, mais désespérément sans saveur. On sent venir l’habituel retournement de situation des kilomètres à la ronde, les personnages sont tous hyper simplistes et caricaturaux et ce ne sont pas les pourtant talentueux Peter Sarsgaard et Sean Bean qui peuvent sauver leurs personnages trop étriqués. Le seul réel intérêt de ce film est d’assister, une fois de plus, à une prestation quasiment sans fautes de la part de la toujours talentueuse Jodie Foster. Même enfermée dans cette histoire tirée par les cheveux, elle sait se rendre très crédible en mère de famille déterminée, étant tour à tour émouvante ou imposante. Elle fait définitivement partie des rares actrices à dégager un charisme naturel qui capte toute l’attention.
Le jeune réalisateur allemand Robert Schwentke fait ce qu’il peut avec sa pauvre histoire. Il se révèle toutefois assez appliqué et doué dans sa façon de filmer pour dynamiser les trop rares scènes qui emballent un film qui ronronne gentiment. En effet, le film souffre d’un rythme vraiment pauvre et mal géré, étirant des scènes de dialogues ridicules et affublant les scènes à potentiel dramatique d’une musique sirupeuse redondante. L’histoire accumule les incohérences et les énormités et opte pour une fin à rallonge sans aucune originalité. On a donc ici un film parfaitement lisse qui se permet même le ridicule d’appuyer plus que de raison le deuil de cette pauvre femme en ressassant des phrases lourdes du genre : « je comprends que ça doit être dur pour vous ». Jodie Foster se débat comme elle peut pour exister au milieu de ce spectacle calibré jusqu’à un final désespérément hollywoodien cucul la praline.
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Publié
le 09/11/2005 par Cyril Perraudat
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| Verdict |
Jodie Foster tente de donner un peu d’âme et d’épaisseur à un film qui a de quoi attiser la curiosité sur le papier. Il s’avère être au final un grand tour de manège hollywoodien calibré qui respecte les codes établis sans aucune originalité. |
4/10
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