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Critique : A History of Violence |
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Après un Spider qui avait divisé critique et public, David Cronenberg nous revient dans une forme éblouissante avec une plongée bouleversante au cœur de la cruauté et de la violence humaines.
On n’attendait pas grand chose de David Cronenberg depuis que Spider semblait l’avoir surpris au beau milieu d’un vide créatif surprenant. A History of Violence s’annonçait d’autant moins bien qu’il s’agissait d’un film de commande… Comme quoi, on a tort de parler sans savoir ! Car le film est un véritable coup de poing à l’estomac, une œuvre radicale et enivrante, à la fois fidèle aux œuvres passées du maître et totalement en marge.
Alors oui, pas de Cronenberg sans sexe (Crash), sang (La Mouche), folie (Spider) et critique des médias (Videodrome), mais l’on n’assiste ici aucunement à une redite. Car même si le cinéaste canadien offre à nouveau une réflexion sur la fascination engendrée par la violence, cette dernière n’est jamais traitée de manière aussi frontale et directe que dans ses précédents films. Certes, le sang gicle souvent, et la vision de Tom (Viggo Mortensen) couvert de lambeaux de chair humaine ne peut laisser indifférent. Mais là n’est pas le but du film. Il s’agit plutôt d’une exploration au cœur du remord.
Le scénario, écrit de main de maître par John Olson, suit une évolution d’une intelligence et parfaitement maîtrisée, sur lequel repose une mise en scène au cordeau d’une précision chirurgicale. Chaque personnage, même secondaire, connaît ainsi une évolution complexe et virtuose. Ainsi, le jeune Ashton Holmes, dans le rôle du fils de Viggo Mortensen, gagne en épaisseur au fur et à mesure du métrage, jusqu’à arriver à son apogée psychologique dans une scène tétanisante. Le personnage d’Edie (Maria Bello), la femme de Tom, sert de point de repère au spectateur qui voit en cette femme déchirée la projection parfaite du sentiment ambivalent de fascination/répulsion que suppose l’empathie éprouvée envers ce héros malgré lui.
Dans ce rôle, Viggo Mortensen est tout simplement magistral. Son interprétation, toute en demi-teinte et retenue est d’une subtilité à couper le souffle. Il confirme (et avec quel éclat !) qu’il est décidément l’un des acteurs les plus doués de sa génération, capable de jouer sur un pied d’égalité avec des pointures telles que Sean Penn ou Johnny Depp. Maria Bello assume dignement et avec talent la comparaison avec son partenaire, tandis que le jeune et prometteur Ashton Holmes, à mille lieues des habituels stéréotypes d’acteurs adolescents, s’en tire magistralement et avec les honneurs. Quant aux vétérans Ed Harris et William Hurt, ils confirment s’il en était besoin, l’étendue de leur phénoménal talent.
Signalons un léger problème concernant la bande sonore, un peu trop ronflante parfois, de la part d’un Howard Shore, apparemment si heureux de retrouver son Aragorn porte-bonheur qu’il en profite pour livrer des fulgurances symphoniques un peu déplacées. Mais passés les premiers accords où l’on aurait tendance à froncer un sourcil dubitatif, on finit par s’habituer aux envies de grandeur du compositeur, finalement pas si désagréables. Et comme il serait stupide de conclure cette critique sur une note négative, rappelons encore une fois à quel point A History of Violence est une œuvre magistrale et absolument incontournable. Ne passez pas à côté.
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Publié
le 04/11/2005 par Sabine Garcia
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| Verdict |
Porté par l’interprétation exceptionnelle d’un Viggo Mortensen magistral, le nouveau Cronenberg signe un tournant dans la carrière du réalisateur. Mettant à vif aussi bien la chair que les sentiments, ce monument de précision de mise en scène et d’écriture vous hantera longtemps… |
8/10
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