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Critique : Vive la vie |
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Pour son premier long-métrage, Yves Fajnberg se frotte au difficile récit à multiples personnages avec Vive la vie, comédie jouée par Didier Bourdon et Alexandra Lamy.
Richard Lewitsky et Rachid sont deux amis qui se connaissent depuis le lycée. Leur voie s’est séparée au fur et à mesure que la richesse de Richard s’est accrue et que Rachid s’est enfoncé dans la précarité d’un intermittent du spectacle. Après avoir obtenu des résultats décevants à un test de Q.I., l’homme d’affaires fait la rencontre de Maud, mannequin qui se trouve moche. Il ne pense alors plus qu’à la conquérir. Rachid, lui, est ami avec Colombe, une séduisante jeune femme en attente d’une transplantation cardiaque. Les histoires de ces quatre personnages vont se télescoper au fil des rencontres et des intrigues amoureuses. Le scénario mêle humour et sentiments. Le premier n’est pas déplaisant mais n’atteint jamais des sommets, on reste toujours dans une certaine retenue. Le pendant sentimental, lui, est à réserver aux fans de belles romances touchantes, car les autres n’y trouveront pas de grande originalité. Du point de vue forme, la réalisation est discrète même si Yves Fajnberg fait des efforts de cadre sur certains plans. Sans être brillant, le film s’annonce donc comme un bon petit moment. Malheureusement, il pêche par son scénario. L’ambition de mêler les histoires de quatre personnages principaux a fini par desservir le reste. Au niveau de l’intrigue, les retournements sont trop nombreux et traités de manière elliptique. Ainsi, les personnages changent d’avis d’une scène à l’autre, sans que le spectateur voie vraiment l’élément déclencheur. Des ruptures dans le comportement qu’on ne comprend pas et qui sont beaucoup trop nombreuses. Alors que d’autres films garderaient une rupture radicale, en tant que prise de conscience d’un personnage, ici on les multiplie. On finit par ne plus essayer de comprendre les psychologies des personnages et par subir ces changements confus.
A force de vouloir faire beaucoup, Vive la vie en fait trop ou pas assez. Le scénario se veut complexe avec quatre personnages de même importance. Le rôle de Richard, homme d’affaires désenchanté et un poil mesquin joué par Didier Bourdon, prend plus de temps que les autres sans pour autant qu’on s’attache à lui. Au contraire, on ne passe pas assez de temps avec le rôle de Rachid, clown d’hôpital joué par Zinedine Soualem. Ses numéros, vites traités, ne rendent pas la magie dont nous parlent les personnages. La présentation de sa vie, comme de celle de Colombe, est vite expédiée et ils se retrouvent projeter dans le cercle infernal des intrigues amoureuses. Les scénaristes ont voulu mettre en avant les personnages les moins positifs et noircir ceux qui l’étaient plus mais le spectateur reste toujours plus proche des deux même et, étant donné leur peu de présence, cela nuit au film. On aimerait passer plus de moments émouvants avec Rachid et Colombe et garder Richard et Maud pour leur côté comique.
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Publié
le 20/10/2005 par Yannick Gallepie
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| Verdict |
A force de vouloir trop en faire au niveau de l’intrigue, Vive la vie perd du sentiment et de l’humour. Un bon téléfilm, rien de plus. |
5/10
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